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Pourquoi Dieu ne sauve-t-il pas les âmes innocentes des enfants ?

Avis sur la question
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Le 26 janvier 2011 par Thazz1
Cette question est emprunte d'une forte émotion. La mort d'un enfant n'est jamais un événement anodin, elle entraine des bouleversements et remises en question profondes. Les enfants sont le symbole de l'avenir pour les spiritualistes, de la continuation de l'espèce pour les matérialistes, de la concrétisation de l'acte sacré de l'amour pour les religieux, un peu tout ça en même temps pour quasiment tous, c'est le symbole sacré s'il en est. Quel parent n'a jamais pensé avec effroi à la mort de ses enfants ?
Aussi, quand cet événement survient, nous nous interrogeons sur la légitimité de nos croyances les plus profondes. Ce monde est-il vraiment à l'image de ce que j'imaginais ? La perfection qu'on imaginait se brise et le doute submerge toute certitude.
Que faire ? Que croire ? Qui croire (suivre ?)?
Dieu est-il responsable (voir coupable d'après la tournure de la question) ? Y-a-t-il seulement un responsable ?
Oui, notre croyance en un créateur (ou une créatrice excusez moi, je vais insister sur cette obstination à masculiniser le principe divin) est confrontée à la redoutable question : pourquoi ?
Et force est de constater que nous n'avons aucune réponse... Dieu demeure muet, Déesse ne répond pas. A moins que nous n'entendions pas sa réponse. A moins que nous ne soyons nous-mêmes cette réponse.
Avons-nous donc autant de compassion lorsque nous arrachons les petits à leurs parents lorsque le chemin de l'abattoir se présente ? Oh bien sûr, ce ne sont que des animaux... ils ne comprennent pas ce qui leur arrive. Leurs appels désespérés ne sont que des cris (suis-je bête)!
Avons-nous autant de compassion lorsque nous abandonnons notre jeunesse aux affres de la société de consommation, sans valeurs humanistes autre que la survivance d'un système au détriment du bien-être (ne pas confondre avec le confort), lorsque nous leur inculquons à grand renforts de culture que les idées prévalent sur les vies. A propos, les guerres ne sont-elles pas faites au nom d'idées suprêmes ? Et qui a toujours été envoyé donner sa vie au nom de ceux qui décident du sort des peuples ?
Avons-nous le moindre sentiment de responsabilité lorsque nous laissons cette jeunesse livrée à elle-même face aux dangers des addictions, aux poisons légaux et illégaux ? N'avons-nous donc aucun sentiment de responsabilité lorsque nous laissons la pornographie développer leur sexualité ? Pas de ça chez nous... ben non voyons, quelle idée ! Après tout, un jeune qui fume et qui boit, c'est son problème... bon il va en mourir probablement mais c'est son choix ! (ben oui, là il est responsable, donc adulte)
Que faisons-nous pour construire une société où la vie serait au centre de tout système ? Que faisons-nous ? Nous attendons que Dieu vienne nous aider ? Nous attendons qu'il nous envoie son fils, sa fille, ses armées !? Nous laissons les autres faire quelque chose car nous nous sentons impuissants ? Nous ne faisons rien en pensant que sera mieux de l'autre côté ?
Quelle est notre force face à un monde aussi vaste ? Quel est notre pouvoir devant tant d'indifférence ? Dieu a-t-il donc inspiré nos ancêtres dans la construction de ce qui nous sert de société ? Déesse décide-t-elle des lois sur l'euthanasie ? Le mariage des homosexuels ? Les 35 heures ? Dieu a-t-il fait élire ceux qui sont au pouvoir ? Déesse vous a-t-elle incité à ne rien faire, à croire que ce monde est inéquitable de par son seul fait sans que nous, pauvres humains, n'ayons jamais eu le moindre choix ? Dieu a-t-il décidé d'inspirer quelques élus sur des milliards en leur confiant des révélations contradictoires ? Sinon pourquoi les religions s'opposeraient-elles ? A-t-il donc changé d'avis entre temps ? Mmm....
Nous sommes libres, nous avons en nous le libre arbitre, quel est le sens de cela ? Parce que nous n'avons pas su exercer avec discernement cette liberté cela signifie-t-il qu'elle n'existe pas ? Que tout cela dépend donc uniquement de ce foutu principe divin qui nous a laissé dans cette mélasse après nous avoir créés en grande fanfare ?
J'en doute.
La mort d'un enfant est-elle la preuve d'une absence divine ? J'en doute.
La mort d'une âme innocente est-elle la preuve d'une erreur ? J'en doute.
Je ne parle pas au nom de Dieu/Déesse bien sûr, mais ma modeste conscience m'autorise à croire en quelque chose de différent. Je ne joue plus avec ce vieux scénario.
Je crois que nous sommes issus d'un principe divin, principe qui n'est pas extérieur à ce que nous sommes. Je crois que notre diversité est l'expression de cet infini, notre liberté de choix est l'empreinte de cette nature sans limite. Je crois que notre Essence est intimement liée à ce principe matriciel, que nous en sommes issus, que nous en sommes l'expression, le devenir et que nous y aspirons inlassablement.
Ce qui nous a conduits à imaginer et créer le monde tel qu'il est aujourd'hui n'est-il pas notre manière de regarder l'existence ? D'envisager le divin ? Est-ce Sa faute si nous l'imaginons ainsi ? Si nous construisons nos lois, nos cultures, nos pensées autour de ces croyances fondamentales sans jamais les remettre en question malgré les conséquences désastreuses auxquelles elles nous confrontent ? Serions-nous donc ce genre d'enfant qui rejette leurs fautes sur leurs parents par peur de devoir assumer leurs responsabilités ? Pourquoi avons-nous si peur d'accepter nos choix ? Pourquoi avons-nous si peur de remettre en question les piliers mêmes qui supportent ce monde si déséquilibré ? Pire, non seulement nous ne les remettons pas en question mais nous croyons que nous ne nous y astreignons pas suffisamment. Plus de souffrance donc, plus de culpabilité, plus de jugement, de supériorité et de jugements... L'ordre est lancé : protection et sécurité.
Qui parle de faute sinon l'homme ? Qui parle de jugement sinon l'homme ? Qui parle de culpabilité sinon l'homme ? Qui parle d'obligations sinon l'homme ? Où est Déesse ? Où est Dieu ? Où sont-ils (et pourquoi pas au pluriel ?)? Dans sa divine et infinie puissance, Dieu n'a–t-il donc aucun moyen de signer ses messages ? Un jour j'ai cessé de marcher dans les traces de pas laissées devant moi pour suivre ma propre voie, non par goût de la provocation (bien que cela en relève de plus en plus) mais par nécessité d'authenticité. J'ai trouvé la trace de ce divin, j'ai remonté cette trace pour y trouver ma vérité, pas la vérité, pour y goûter la liberté, pas ma liberté.
Les images divines en cours de nos jours m'ont alors semblées si limitatives en rapport à ce que j'entrapercevais. Au nom de quoi pouvons-nous juger de la valeur d'une vie ? Lui faut-il un minimum d'années pour avoir un sens légitime ? Une existence est comme un livre, elle raconte une histoire : l'histoire de la vie qui s'exprime. Mais la vie n'est-elle pas un synonyme de Dieu/Déesse ? Est-ce donc si choquant que cela ? Cela me choque moins que de nos comportements si paradoxaux. Alors quoi ? Nous construisons un monde fondamentalement inéquitable, à l'image de ce que nous croyons à propos de Dieu/Déesse, mais nous nous offusquons que dans ce monde sans dessus dessous il existe des injustices ? Et encore, il nous faudrait comprendre le sens de la vie pour avoir une opinion appropriée. Alors quoi ? Si quelque chose nous fait souffrir est-ce parce que cette chose est vraiment mauvaise ou parce que notre regard nous amène à souffrir ? Et si nous n'avions pas compris ?
Alors nous demandons à Dieu de venir réparer ce que nous avons construit ? Mais si Dieu/Déesse/Dieux était ce qui nous permet de vivre, de créer ? Et si ce principe divin n'avait pour seule vocation que de nous permettre d'exprimer la vie selon notre point de vue ? Est-ce ce que nous faisons vraiment ? Faisons-nous les choses par amour, avec respect, compassion et bienveillance ? Pas vraiment, mais qui jettera la première pierre ? Dieu/Déesse ? Non bien sûr. Pourquoi le feraient-ils ?
Alors quoi ? Dieu/Déesse serait-il juste un comptable cosmique comptabilisant nos bonnes et mauvaises action pour nous présenter son bilan au jour du trépas ? Est-ce donc cela l'idée que vous vous faites de Dieu/Déesse ? Ce n'est en tout cas pas la mienne.
Comment changer cela alors ? Personnellement j'ai changé mon regard sur la vie en changeant mon regard sur le principe divin. Et vous savez quoi ? C'est mieux qu'avant. Cela a–t-il changé le monde ? Pas encore...
Mais ce que je sais, c'est que lorsque quelqu'un nous quitte, je salue son âme et je célèbre sa renaissance. Certes, je ne comprends pas toujours le sens de cette vie qui s'achève, mais je l'accepte.
Il en va ainsi que chaque livre qui se termine au point final. Comment pourrions-nous donc lire plusieurs livres si les livres n'avaient pas de fin ? A moins que tous les livres ne racontent finalement la même histoire, mais chacun à sa manière. La diversité nous invite à l'infinité des possibilités d'expérience, il en va peut être de la vie comme des livres. Chaque être serait-il une bibliothèque du divin ? Je le crois.
Que l'Amour vous porte.

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