Les cathares - Les cathares En lisant « Mémoire spirite » je trouvais un jour une petite expression symbolique disant que finalement « nous étions tous des cathares ». Si je savais

 

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Les cathares

Texte publié le 26 juin 2006 proposé par Jean
Les cathares
En lisant « Mémoire spirite » je trouvais un jour une petite expression symbolique disant que finalement « nous étions tous des cathares ». Si je savais que l'Esprit ne nous parlait pas vraiment des cathares mais d'une idée de ce qu'ils ont représenté en tant que « parfaits », en tant qu'hérétiques aussi, je décidais de regarder ce que nous pouvions apprendre d'eux, bien que l'église de Rome ait détruit la plus part des documents disponibles.
Ainsi, nous ne savons pratiquement plus rien de manière officielle de leurs rites et de la puissance de leur sentiment d'appartenance à leur religion qui fit que, malgré les bûchers du roi de France allié au pape, aucun ne renonça jamais à une foi qui semblait avec certitude leur avoir donné la preuve de leur éternité.
Mais faisons un peu d'histoire.
Lorsque l'on parle des cathares vient immédiatement à l'esprit le mot : « hérésie ». Mais qu'est-ce qu'une hérésie ? Par définition c'est la dénonciation par le pouvoir en place d'une forme déviante de l'orthodoxie. C'est-à-dire que certains, ne pensant pas comme « il le faudrait », menacent un dogme et sont par conséquent, à combattre, voir à éliminer.
C'est au quatrième siècle que le christianisme devient religion d'état dans l'empire romain. A partir de cette date, le dogme définitif se constitue et la chrétienté qui vient de naître, va faire tous les efforts possibles pour éliminer toutes les opinions divergentes.
En 384 est décapité le dernier religieux ayant émis quelque réticence quand à la doctrine nouvellement construite. Ensuite, pendant 700 ans, l'église évangélise partout où elle le peut et ce n'est que vers l'an mille que de nouveaux moines viennent porter l'hérésie sur les terres de la chrétienté.
En 1022 les bûchers reviennent à la mode. Douze chanoines d'Orléans sont immolés dont l'un était le confesseur de la reine. Les hérétiques dénoncent la richesse de l'église et le mode de vie de ses dirigeants dont la vie ne ressemble en rien aux voeux de pauvreté, de chasteté, de charité et de justice qui symbolisent la vie des apôtres. Ces hérétiques pratiquent le baptême du saint-esprit par imposition des mains ce qui peut nous faire penser aux pratiques que reprendront les cathares quelques temps plus tard. On parle de pré-catharisme dans de nombreux livres sur le sujet.
Le temps passe. L'église et ses méthodes musclées devient de plus en plus puissante et s'affranchi de l'emprise des états. Désormais conçue comme une monarchie dont le roi est le pape elle cherche querelle à tous les « infidèles ». Ainsi vinrent les croisades.
Dans les campagnes, certains commencent à se rebeller contre la toute puissance de l'église. En champagne, un paysan arrache la croix d'une paroisse au nom de l'évangile. L'hérésie touche aussi des nobles. La dame de Monforte soigne les malades par imposition des mains.
Certains croyants recrachent l'hostie discrètement pendant la messe (messe obligatoire à l'époque !). En règle générale on accuse les hérétiques d'être de trop bons croyants pour être honnêtes.
En fait, plus l'église impose un pouvoir implacable, plus le peuple la sent éloignée de Dieu. Les hérétiques s'appuient sur les évangiles et n'hésitent pas, sans jamais renier leur foi chrétienne, à combattre l'église et ses dogmes. Sous des accusations de sorcellerie tout à fait injustifiées, de nombreux sacrifices de pré-cathares sont organisés.
Mais les ancêtres des cathares selon les historiens, sont certainement les bogomiles. Pourtant, je peux vous dire qu'en Grèce d'autres communautés préfigurent également le futur mouvement cathare.
Les bogomiles sont bulgares. Quelques années avant l'an mille, les premiers écrits d'un prêtre nommé Cosmas nous préviennent de l'hérésie qui se prépare. Déjà, chez les bogomiles, des femmes peuvent absoudre les péchés et prêcher, odieuse hérésie pour l'époque, qui heureusement est révolue ;)
Les bogomiles pensent que la responsabilité du monde visible appartient au diable et refusent l'eucharistie. Ils développent un dualisme chrétien issu de l'évangile de Jean, ont une vie ascétique et sont organisés en trois catégories : auditeurs, croyants et chrétiens. Ils pratiquent le baptême par imposition des mains.
Le mot cathare est prononcé à partir du XIIè siècle sur les bords du Rhin pour désigner les communautés d'hérétiques ; communautés qui s'installeront en fait dans le sud de la France. En 1143 ces croyants ne veulent plus entendre parler de l'église de Rome et préfèrent « leur vraie église ». Ils pensent que c'est aux fruits que l'on reconnaît l'arbre et oppose Dieu et ce monde. Ils refusent la réalité corporelle du Christ, ils opposent la pauvreté et le service aux autres au luxe de l'église romaine. Ils se nomment « les pauvres du christ ». Les cathares attribuent la création du monde visible non à Dieu mais à un ange rebelle, Lucifer. Ils dédouanent ainsi Dieu des malheurs de ce monde. Les cathares prônent un dualisme manichéen. C'est ce dualisme insupportable, qui conteste l'autorité de Dieu sur ce monde, qui provoquera les foudres de l'église. En fait, être cathare est, avant tout, une impression forte d'être un meilleur chrétien, de connaître véritablement ce qu'est le monde et de se sentir si fortement serviteur d'une doctrine juste, que tels les premiers chrétiens, même le bûcher ne peut leur faire abjurer leur foi. Alors que les moines catholiques fuient le monde, les moines cathares ouvrent leurs maisons et pratiquent une fraternité à multiples visages. Dieu est en chacun. Il n'y a pas d'églises mais c'est bien aux coeurs des foyers que se vit la foi.
Les « bons hommes » et les « bonnes femmes », c'est ainsi que se nomment les cathares, développent une idéologie dualiste. Ils placent dans l'invisible le royaume de Dieu et attribuent le monde corruptible où nous vivons à l'ange rebelle : le diable. Si le bon arbre ne peut porter que de bons fruits, Dieu ne peut être responsable de ce monde. Pour eux la seule réalité qui vaille est dans l'invisible et ce monde n'est qu'illusion diabolique. Ils s'intéressent beaucoup à la chute des anges dans l'apocalypse de Jean. Ainsi, ce monde visible, conçu par Lucifer, aurait été peuplé d'âmes divines. Le mauvais créateur les emprisonna dans les corps de sa fabrication, dans l'oubli de leur patrie céleste et de la bonté de leur nature. Les cathares ne croient pas en l'enfer éternel mais croient au salut universel. Ils n'ont aucun symbole religieux et pour eux, je le redis, Dieu est en dehors du visible.
L'église, consciente de la menace cathare, tant elle montre l'exemple d'un christianisme proche du peuple, invente en marge de ses palais luxueux, des ordres de moines mendiants afin de reconquérir les brebis égarées, tout en pourchassant les cathares. Pourtant nous ne sommes pas encore à l'heure du massacre qui s'annonce.
C'est le temps des croisades. Le pape Innocent III (pas si innocent que ça !) veut reprendre Jérusalem, tombée en 1187 aux mains des infidèles. En parallèle, il pense qu'il est intolérable de voir comment les princes d'Occitan se lient avec les cathares. Le catharisme est installé solidement dans tout le Sud de la France. S'il ne parvient à décider dans un premier temps le roi de France à agir, il parvient à soulever les Barons de France et d'Europe qui arrivent massivement sur Toulouse sous la direction d'Arnaud Amaury, un abbé de Cîteaux. Pendant dix ans la guerre fera rage. Pourtant, c'est un échec car les populations locales soutiennent les hérétiques.
En 1226, Louis VIII, nouveau roi de France, reprend la croisade en main et dirige ses troupes contre Raimond VII de Toulouse. Il fait régner la terreur et bat le comte de Toulouse qui signe sa soumission à Meaux.
De 1209 à 1229 la guerre ne s'arrête pas. Pourtant les églises cathares se reforment perpétuellement et sont encore plus influentes que par le passé. Même dépossédés de tout, les familles influentes restent elles aussi fidèles aux hérétiques.
Mais le roi de France occupe le terrain militaire et l'église va en profiter pour installer une inquisition permanente en terre cathare. Les fidèles doivent se cacher. A partir de 1233, les dominicains et franciscains vont aller jusque dans les moindres recoins du Languedoc pour réinstaller la religion catholique par la force.
La terreur est partout.
Progressivement, le clergé clandestin du catharisme est détruit et ses ouvrages brûlés.
On démolit les maisons des parfaits, on déterre les cadavres pour les porter sur le bûcher.
Le symbole du martyre cathare restera la forteresse de Montségur.
Morts pour la liberté de conscience, les cathares deviennent un symbole qui vit encore aujourd'hui et sont une épine dans le pied totalitaire de toutes les religions du monde et leurs pratiques dogmatiques.
Après la capitulation du comte de Toulouse, les derniers membres de la hiérarchie cathare se réfugient dans la forteresse de Montségur. Là, vivent une dizaine de chevaliers et une cinquantaine d'hommes d'armes. Le chef de cette bastide est Pierre Roger de Mirepoix. Tous ces gens sont de bons cathares, fidèles et sincères. Pendant ce temps, Raymond VII qui ne renonce pas à sa foi, signe une alliance avec le roi d'Angleterre et le comte de la Marche. En mai 1242, afin de montrer au pays que les cathares ne sont pas morts et qu'il est l'heure de se rebeller, il demande à la chevalerie de Montségur de faire une expédition punitive contre ceux qui ont tant décimé le peuple cathare. Le tribunal de l'inquisition d'Avignon est exécuté.
Pourtant le comte et ses alliés ne gagnent pas contre le roi et France. Ils doivent signer une paix. Montségur se retrouve alors seul face aux vainqueurs, symbole du dernier bastion vivant de résistance à la toute puissance de l'église.
Montségur, petite bastide au flanc d'une montagne, est assiégée pendant un an. A bout de forces, sans vivres, Pierre Roger de Mirepoix négocie la reddition. Le 16 mars 1244, les communautés de bons hommes et de bonnes femmes de Montségur qui se trouvent être un peu près 220 âmes, sont brûlés vifs dans la plaine au pied de la forteresse.
C'est la fin du catharisme et de l'espoir.
Comme toute foi sincère, l'inquisition ne viendra jamais à bout de l'esprit cathare et en 1300, on traque encore ceux qui veulent faire revivre une foi pure et originelle. On les brûlera aussi.
En ce début de millénaire pourtant, l'esprit cathare souffle en de nombreux croyants. Car, plutôt que de retenir leurs idées, j'aimerai retenir leur engagement pur et leur amour, pour Dieu et les hommes.
Souhaitons que, dans l'Alliance, cet esprit et ce désir de construire, portés par une foi non dogmatique, nous permettent de lier le visible et l'invisible, que nous ne voyons certes pas comme le voyaient les cathares, mais qui eux nous voient comme nous sommes au plus profond de nous et ce, depuis le début de nos vies.

Commentaires autour du texte
commentaire Catharisme écrit par Patricia le 26.06.2006
commentaire Les cathares écrit par Fran-esther le 27.06.2006
commentaire Recueillement écrit par Noursalam le 06.02.2007
commentaire Les cathares écrit par Carinemarie le 18.12.2008
commentaire Catharisme : le renouveau écrit par Andrasta le 18.12.2008

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