Mémoire et imagination - Namasté :-)) Je rebondis sur ce post de Lipega, et j'approfondirais plus particulièrement la seconde question : 1) Peut-on prendre notre naissance pour reculer à partir de

 

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Mémoire et imagination

Rédigé par Eiffel
Posté le vendredi 18.05.07 à 22h18
Message n° 32687

Namasté :-))

Je rebondis sur ce post de Lipega, et j'approfondirais plus particulièrement la seconde question :

1) Peut-on prendre notre naissance pour reculer à partir de celle-ci, sans refaire toute sa vie avant?

2) Comment on peut distinguer ce qui vient de notre imagination et ce qui vient de notre mémoire?

3) Si la personne fait appel à un hypnotiseur ou autre pour régresser, se rappelle-t-elle après de ce qu'elle a vu?

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à la question 1 la réponse est une simple analogie : si avec un ami que j'ai connu à 20 parceque nous étions dans la même fac nous en venons à parler d'un prof, aussitôt, dans le même instant, ce professeur est présent, et ma mémoire s'est calée dessus, sans avoir besoin de passer en revue les 18 années qui m'en sépare aujourd'hui.

Pour les vies précédentes, il en est de même car le processus de la mémoire, au sein de la psyché, n'est pas un fil linéaire avec des graduations, mais un simple grand sac contenant des boites avec des étiquettes (en simplifié ! :p )

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à la question 3, je demanderais : ça signifie quoi de se rappeler ? Si j'essais de me souvenir ce que j'ai fait hier... "euh, je sais pu". Puis le téléphone sonne, c'est Unetelle. Avant même de décrocher : ah oui, c'est vrai, j'ai vu unetelle, on parlait de ci et de ça, et elle devait me retéléphoner !

de mémoire par induction d'un éventuel évènement extérieur, le mot marqué sur l'étiquette de la boite (en informatique : une indexation).

après, on a aussi le fait de ne pas se souvenir par exemple d'un mot, mais on sait qu'il commence par tel son et qu'il ressemble à peu près à ça... Et puis au bout d'un moment, hop, le voilà. Donc un souvenir peut être plus ou moins long à revenir. Et si il lui faut une semaine, mais qu'au bout de deux jours on ne cherche plus, peut-on dire que ce souvenir est disponible, qu'on s'en rappèle ? On peut aussi bien répondre par oui que par non...

---

mais surtout la question 2 :

"Comment on peut distinguer ce qui vient de notre imagination et ce qui vient de notre mémoire?"

En fait, cette question, comme souvent, incorpore en elle déjà une part de réponse, réponse qui induit une forme d'incompatibilité, et incompatibilité qui elle-même génère ... cette question.

un peu compliqué, j'avoue :-))

alors on va surtout parler de la mémoire et de l'imagination, et voir comment on peut, de manière générale, trancher entre les deux ... ou pas. Car bon, on est à nouveau là dans les fondements de ...
...
éh éh :-))
...
de la psyché. ˆ_ˆ

--- la mémoire

alors, commençons par ce qui est facile, la mémoire, c'est quoi ?

La mémoire, intuitivement, c'est le fait de se souvenir. Donc quelque chose, le souvenir, qui ne serait pas altéré dans le cours du temps.

Et le temps, dans notre illusion, on peut le voit linéaire, allant du passé vers le futur, déterministe, et donc se retrouver avec le problème du hasard. Ou on peut le faire aller dans les deux sens, visions déconcertantes car peu usuelle, mais alors qui intègre le hasard. Si le temps est simple et linéaire, la mémoire devient simple. Sinon ça devient nettement moins trivial.

Mais qu'importe ! Considérons le temps comme linéaire, rien que ça ce sera déjà suffisant.

Or donc, la mémoire. On a souvent tendance à se dire que la mémoire fonctionne comme lorsque l'on apprend une poésie (Mignone allons voir si la rose... Marquise si mon visage... ). Sauf que ce n'est absolument pas le cas, c'est même rarissime. Prenons un exemple.

Je vais acheter des chaussures, et là prise de tête avec le marchand. Je m'en vais énervé.
- si on me pose la question dans l'instant, agacement, et opinion très négative du marchand
- si on me pose la question une heure après, déductions intellectuelles exposant que c'est inadmissible (sous entendu de SA part)
- si on m'en parle le lendemain, constat générique sur l'approche commerciale, plus neutre
- si on m'en parle dans une semaine, réflexion plus profonde sur la société
- si on m'en reparle au bout d'un mois, sourire amusé, recul et détachement, voire distance
- et si on m'en reparle au bout d'un an ... ben ... j'aurais très probablement oublié ! lol

du coup, au sujet de cette mémorisation, son contenu change au cours du temps. Elle n'est pas du tout une constante, mais en perpétuelle évolution.

point que l'on oublie par trop souvent...

Je fais un apparté avec le monde passionnant de la musique, de la résonnance, et du "pur son".

Je joue du violon. (j'aimerais bien ! :p). La note résonne dans la corde sur laquelle glisse l'archet, et la vibration se propage dans le bois qui a été savament travaillé. De nombreuses fréquences sont présentes. Par delà le LA (440 hertz ou pulsations par seconde), on a la fréquence double, la triple, etc., et toutes les fréquences multiples de cette fréquence dite "fondamentale". Toutes ces fréquences foment "le timbre", et c'est ce qui fait qu'un violon qui joue un LA ne joue pas le même son qu'une guitare qui joue le même LA. C'est l'arrangement de toutes ces fréquences qui en fait la sonorité. Il y a même des instruments (comme le Luth) où cette fréquence fondamentale est tout bonnement absente...

Lorsque je pince ou frotte la corde, le son surgit, puis évolue. Le son change, au cours du temps, certaines "sensations" qui y sont disparaissent, et d'autres apparaissent, parfois après plus de 20 secondes. Le son évolue, il "vit sa vie" en somme.

Un souvenir, pareil, c'est comme si l'impact était l'instant où je touche la corde, et le souvenir, au cours des jours qui suivent, sont le son produit par ce pincement de cordes. La psyché apparait alors comme un immense résonnateur, pas un violon simple, mais tout un orchestre symphonique, avec un chef d'orchestre plus ou moins bien organisé :-))

Dans le cas de ma récitation, le contenu est froid, c'est du "bète" par coeur. Pas d'émotion. C'est rare. Le plus souvent, un souvenir, ça peut s'apparenter à une construction. Imaginons que j'entasse des cubes, disons de 50 centimètres de côté. Certains sont plus lourds et d'autres plus légers. Et je dessine ainsi un volume dans l'espace, disons je réalise un chateau. Le sol, pour sa part, est plus proche des sables mouvants que de la pierre. Donc les cubes s'enfoncent. Et ils s'enfoncent d'autant plus qu'il y a du poids posé au-dessus. Donc les parties les plus hautes ont des chances d'être celles qui s'enfonceront le plus vite. Du coup, ce chateau, après des semaines, se retrouve être le plus haut là où il ne l'était pas avant, et inversement.

Tout comme la note et son timbre, la forme globale a complètement changé.

Le souvenir, c'est pareil, chaque composante de la mémorisation sont associées à des émotions, de diverses colorations, et plus ou moins intenses. Elles évoluent toutes à des "vitesses" différentes.

Comme en musique, on peut même voir apparaitre, par une sorte de glissement de terrain, des composantes dans un souvenir, composantes qui n'existaient pas lors de la mémorisation.

Un super grand classique et donc étudié en psychanalyse, c'est évidemment le traumatisme, fait presque essentiellement de ressenti, donc un souvenir très particulier, et qui lui-même fluctue au cours du temps. Le vrai savoir faire du thérapeute est donc d'aider cette évolution dans le temps, et non pas de modifier le souvenir en soi. Contrairement à ce que beaucoup pensent en arrivant en fac de psy... (à une époque j'avais pas mal d'amis étudiants...).

or donc, le souvenir, ou la mémoire, et que ce soit la mémoire dans une vie ou celle d'une autre vie, on voit que cela est un élément vivant, et qui fluctue grandement au cours du temps.

donc, en conclusion provisioire, disons que la mémoire est un phénomène dynamique, et que la chose mémorisée est tout sauf constante.

alors passons à l'imagination :-))

--- l'imaginantion

ah ah ! Et c'est quoi donc ? Là c'est moins évident, nous sommes dans un phénomène créatif, associatif, donc dynamique. Imaginer, ça signifie quoi ? Ah, quand on est perdu, n'ayons pas peur de faire simple et de revenir à la racine du mot. Imaginer, c'est mettre en images. Non pas nécessairement des images visuelles, mais des images mentales, c'est plus large.

bon, allez, j'imagine une histoire. Alors déjà, le personnage. Bon, c'est une petite fille. Euh... Elle se promène.

...
bon, et bien, là, dans le processsus de création, je viens déjà d'utiliser la mémoire. Déjà bien sûr parceque c'est grace à elle que je sais c'est quoi une fille et c'est quoi se promener, mais surtout parceque, sans même m'en appercevoir, je me suis déjà connecté à un recueil de mythes, par exemple le petit chaperon rouge, cette petite fille qui se promène ... en l'occurence en forêt.

Ainsi, à chaque micro-étape de l'imagination, la mémoire est présente, pour ne pas dire omniprésente. Tout, absolument tout, dans cette imagination, de par le fait que cela m'est intelligible, est déjà repassé au crible de la mémoire, aussi bien au niveau constructif que compréhensif.

pas d'imagination sans mémoire, quoi.

--- la mémoire bis (ou le retour de la mémoire ! lol )

mais on peut aussi constater, comme dit, que la mémoire, ce phénomène dynamique, est un élément en mouvement. Lorsque, suite à un trauma, je fais certains rèves, que se produit-il ? J'utilise l'outil de visualisation, donc en lien avec l'imagination, qui "habille" le souvenir traumatique, puisque ce dernier était pur ressenti. Donc l'évolution de la mémoire en passe par l'imagination. Si on regarde, à chaque instant de cette résonnance de la note de musique mémorielle, elle se propage au travers du bois du violon, donc de ma personnalité, donc qui change à chaque instant. Ainsi, la forme de ma psyché infuse son image peu à peu dans le souvenir, donc dans tous les souvenirs.

les souvenirs changent la personnalité, qui change les souvenirs...

ce serait un peu comme si le violon se modifiait au fur et à mesure qu'on joue, et que ce qui est joué devient différent au fur et à mesure. L'apprentissage en somme.

--- mémoire et imagination

de fait, comme on l'a vu, pas de mémoire sans imagination, et pas d'imagination sans mémoire. Une telle intrication laisse à se poser la question de leur effective séparabilité.

La mémoire, phénomène plutôt statique, et l'imagination, phénomène plutôt dynamique... Ca ressemble plus que grandement à du Yin et du Yang tout ça...

alors osons !
allez, si si, soyons fous, allez, osons ! :-))

Osons supposer que les deux phénomènes ne soient en fait tous les deux que la même chose. C'est cet entreméla de souvenirs fluctuants influençants le conteneur, qui réinfluence à son tour les souvenirs...

Cet élément est fait de constituants qui se retrouvent, "lents", et d'autres plus vifs, "rapides". On appelerait alors "mémoire" la partie "qui ne bouge pas trop", et on nomerait "souvenir" ce qui se trouve dedans. Et onnommerait alors imagination la partie "qui bouge", et création ce qui est dedans.

Oui mais !

Si jamais on est dans cette entité et que ça :
- bouge trop vite pour être de la mémoire
- bouge trop lentement pour être de l'imagination

face à ce problème, on en arrive alors à l'exacte question posée par Lipega :

"Comment on peut distinguer ce qui vient de notre imagination et ce qui vient de notre mémoire?"

de fait, la réponse est que imagination et mémoire sont la seule et même chose. Ainsi, comme dit, la question est issue d'une même illusion selon laquelle, parceque les mots sont distincts, les deux entités seraient distinctes. Cette question incorpore donc la dualité, et tente de la transcender...

La majorité des illusions, de ce que j'en perçois (mais c'est peut-être une illusion ! lol) semble venir de cette dichotomie fondamentale, vrai ou faux, blanc ou noir, bien ou mal, mémoire ou imagination... Alors qu'en passant à la "trinité" remplaçant cette "binarité", on voit que ça peut être ET mémoire ET imagination en même temps, et que c'est même toujours le cas.

---

Mémoire et imagination reprennent bien sûr le thème de l'inné et de l'acquis, évidemment. Avec la question sous-jacente et omniprésente : moi, si j'enlève le passé (inné comme acquis), je suis "quoi", il reste "quoi" ? Je ne suis plus le fils de Untel, je ne suis plus citoyen de tel ou tel pays, je ne suis plus de telle ou telle religion, je ne peux plus être rien de tout ça puisque tout cela appartient au passé. Je ne suis plus non plus celui qui a dit ou fait ça, qui a été ici ou rencontré untel, etc... Dans l'ici et maintenant, je suis "quoi" ? Je suis "seulement" une action en cours, plus rien d'autre, plus de personnalité, plus d'originalité, je suis "seulement" cette action en cours.

une note de musique.

Comme dit Krisnamurti, dans cet état de conscience, il n'y a alors plus de différence entre l'observateur et l'observé.

--- et alors pour les regressions

là, c'est un thème que je connais moins, disons le tout net. Mais pour autant, si la mémoire fluctue au cours du temps, nous avions vu que cela était perçu dans un flux simple et linéaire du temps. En fait, le temps c'est bien plus compliqué que ça... Enfin non, pas "compliqué", plus subtil serait plus juste.

donc les mémoires fluctuent dans le temps, à des vitesses différentes, et les temps propres à chacune de ces mémoires ont eux-mêmes leur avancée qui est différente. Comme en mécanique relativiste : le temps n'avance pas partout à la même vitesse, donc plus de référent unique et unifié. Dit vulgairement : tout fout le camp ! :p

Une regression, ce n'est alors pas de remonter le temps, mais c'est de se caler sur une autre base de temps. Les souvenirs, qui évoluent dans le temps, ont donc évolués d'une autre façon si on les regarde avec une autre base de temps. Ils sont autres. Tout aussi subjectifs, puisque des perceptions, donc ni vrais ni faux. Seulement un autre point de vue sur soi. Ils sont donc toujours interressants car complètent avantageusement les compréhensions du présent.

Pour autant, tout comme deux tirages de cartes du tarot ne donnent pas les mêmes réponses pour les mêmes questions (puisque la personne a changé entre temps), deux régressions identiques ne donneront pas les mêmes résultats.

Et comme toute réalité est faite de Yin et de Yang, les résultats seront, inéluctablement, un composite entre la mémoire et l'imagination.

--- finito :-))

Naturellement, je le redis toujours, c'est seulement ainsi que je vois les choses, il existe sans le moindre doute d'autres perceptions de la réalité qui sont largement au moins aussi pertinantes que celle ici proposée :-))

pour résumer :

La psyché est comme un piano, et chaque évènement de notre vie vient en éfleurer les touches, plus ou moins fort, créant des sons qui ensuite résonnent un certain temps en nous. Le son dans le piano, cette vibration pure, c'est aussi bien la mémoire que l'imagination, vue de par son aspect constant, Yin, ou au contraire dynamique, Yang. Et une vision binaire, en l'un ou l'autre, séparent mémoire et imagination, nous occulte cette forme de réalité qui est les deux en même temps. Car la vibration est à la fois constance ET fluctuation...

La psyché est donc le réceptable d'une multi-symphonie orchestrale :-))



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 Hola la par Lavatar le 19.05.07 à 06h05

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