Approche de définition de la Liberté - Une seule réponse ne suffit pas. Impossible de répondre oui ou non. Tout dépend de ce qu'on met derrière le mot libre. Il y a une multitude de situation

 

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Approche de définition de la Liberté

Le 19 mars 2005 par Oniris
Une seule réponse ne suffit pas. Impossible de répondre oui ou non. Tout dépend de ce qu'on met derrière le mot libre. Il y a une multitude de situation dans lesquelles la réponse peut être en toute sincérité, soit oui, soit non.
La notion de liberté au sens général est celle du Dictionnaire : « Pouvoir d'exercer sans contrainte sa volonté d'agir ou de ne pas agir ». Agir pouvant être une démarche concrète, physique, ou bien une abstraction mentale, une pensée, une réflexion, un jugement, une intention. La définition du dictionnaire ne s'embarrasse pas de concepts d'objectivité.
Donc, aucune réponse objective et unique n'étant possible. Il faut donc imaginer un certain nombre de choix, rien moins qu'exhaustif, pour déterminer les situations dans lesquelles il serait possible de répondre par l'affirmative ou la négative à la question qui nous occupe.
Le premier choix qui me vient à l'esprit est la liberté de penser. Mais, déjà là, il convient de faire une dichotomie entre la pensée égoïste négligeant le concept de société ou de communauté, et la pensée dans la dépendance d'appartenance à une culture, une éducation, un mode de vie, sans parler encore de religion, d'orientation politique, de déontologie, d'éthique ou d'esthétique.
On voit que déjà, une multitude de directions nous pousse à choisir, ce qui nous mènera inéluctablement à encore plus de diversité, ainsi jusqu'à un inaccessible infini. A chaque bifurcation notre réponse déterminera un engagement sur une voie qui en elle même nous privera d'une part de notre liberté de penser. Parallèlement, tout un réseau de contraintes librement consenties (Si l'on peut dire) va conditionner le sens de notre réponse à la question. Mais il y a aussi des passerelles transversales et parfois par le biais de ces passerelles on se trouve en contradiction avec ses choix précédents. C'est ce qu'on appelle les contradictions et personne n'y échappe.
Autrement dit chacun a la liberté de penser qu'il se choisit lui même sans crainte entre les bornes qu'il s'impose lui même et dont il est conscient.
Je n'ai parlé jusqu'ici que de la liberté de penser. Les autres libertés en dépendent en priorité. La ou les libertés d'agir partent toutes de la volonté de se conformer à une liberté de penser. On peut être esclave et heureux de l'être. On peut considérer que l'absence de liberté d'agir, dans ce cas a plus d'inconvénients matériels qu'une liberté d'agir qu'on est incapable de vivre et d'assumer. On peut préférer son confort matériel à la liberté.
On peut aussi mener une vie de délinquant ou de criminel et considérer que toutes les entraves que la société met à ces activités pour se protéger sont nuisibles, celui-là pensera qu'il n'est pas libre de mener la vie qu'il souhaite. Il va donc subir les inconvénients d'un manque de liberté et s'insurger. On voit toute la gradation entre ces extrêmes et chacun bien entendu verra midi à sa porte.
Il y a aussi l'idéologue plus ou moins totalitaire qui voit dans sa propre liberté une justification des actions ou de ses intentions qui oppriment ou opprimeraient ceux qui ne partagent pas ses vues. On peut concevoir la liberté du dictateur. Il y a aussi la liberté du renard dans le poulailler. On peut souffrir de la contrainte de ne pouvoir priver les autres d'une liberté dont on jouit soi même. La liberté de la femme soumise volontairement, pour des raisons de tradition, ou tout simplement par ignorance. Elle peut se sentir heureuse dans l'espace qui lui est accordé et dans la crainte de tout ce qui est extérieur à sa prison plus ou moins dorée. On peut ne pas souffrir du manque d'une liberté que l'on ne connaît pas
La liberté ou son absence n'est finalement rien d'autre que ce que chacun veut bien mettre derrière ce mot. Ou simplement l'idée qu'il s'en fait qui est proportionnelle à ses connaissances. Le contenu de ce mot diffère suivant les individus, les groupes ou les communautés d'humains, les civilisations, même et surtout les croyances et les religions. Les membres de certaines religions ne désirent que leur liberté d'adorer leur dieu ou leurs idoles. Ce qui d'ailleurs fait bien l'affaire de leurs dictateurs qui voient une menace pour leur pouvoir dans tout souhait, désir ou velléité de changement.
Partout on rencontre des conservateurs et des partisans du changement. Les premiers ne rêvent que de conserver, comme leur appellation l'indique, les individus et les institutions tels qu'ils sont et surtout leurs privilèges. Les autres aspirent au changement. Les uns et les autres ont donc des notions de liberté différentes et le plus souvent contradictoires, sinon antagonistes. Ce qui a toujours mené à travers l'histoire à des guerres et à des massacres. Nous ne faisons que continuer !
Mais il y a bien d'autres acceptations du mot liberté : je ne citerai pour l'exemple que la liberté de parole ou celle de la presse. Pour cette dernière on réclame sa défense à corps et à cris, et à longueur d'émissions de télévision. Je reste bien entendu, persuadé de la justesse de cette revendication, mais il m'arrive parfois de regretter les abus, perpétrés par certains, de cette liberté qu'ils réclament tant. Oui, la liberté de chacun, au sens commun, commence et finit au point de rencontre avec celle des autres.
A moins d'être partisan d'une anarchie totale, et partisan de la loi de la jungle (mais c'est aussi une loi !), chacun sent bien la nécessité de garde-fous. Forcément des limites sont indispensables et éminemment souhaitables, mais quelles sont-elles et où sont elles ? Chacun donnera à cette question la réponse qui lui conviendra mais il est au moins regrettable qu'aucun d'entre nous ne puisse la donner avec une objectivité qui n'est pas de ce monde
Alors, suis-je libre ou non ?
Après ce que je viens d'écrire on comprendra que je ne donne pas de réponse et que face à la question je me réfugie dans l'expectative. Mais tout de même, avec toutes les réserves qui m'ont inspiré pour écrire ce texte, je crois pouvoir affirmer (pas trop fort) que j'ai au minimum une liberté de penser assez confortable. J'ai aussi la liberté d'esprit qui me permet d'admettre sinon d'approuver pleinement, les opinions des autres. Il m'arrive parfois de dérailler un peu, après tout je ne suis qu'un homme, mais je corrige généralement assez vite ma trajectoire.
Comme à la fin de chacun de mes exposés, je formule le souhait que quelqu'un voudra bien me répondre et discuter avec moi et d'autres, les éléments que je viens de développer. Je suis un fervent partisan de la discussion, du dialogue. Tout ce que je demande c'est de la sincérité et des arguments qui nous permettraient d'avancer dans nos échanges.
Point non plus, s'il vous plaît, de critiques gratuites dépourvues d'arguments et faites seulement dans un but de dénigrement.

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