Destinée égal liberté - Namasté, lLe sujet de réflexion ci-proposé expose une incompatibilité latente ou tout du moins potentielle entre la notion de liberté (libre-arbitre) et celle de destinée (les grandes lignes de

 

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Destinée égal liberté

Le 08 juin 2007 par Eiffel
Namasté,
lLe sujet de réflexion ci-proposé expose une incompatibilité latente ou tout du moins potentielle entre la notion de liberté (libre-arbitre) et celle de destinée (les grandes lignes de notre destin seraient tracées par avance). Nous verrons dans un premier temps la distinction notoire entre ce qui est destiné et ce qui est prédestiné, distinction qui est souvent source d'erreurs dans la compréhension du "destin". Puis nous ferons la part entre la liberté effective, et l'illusion ou impression de liberté permettant de conclure de manière paradoxale sur ce qu'est la nature même de la liberté. A l'issue nous pourrons constater que liberté et destinée font on ne peut meilleur ménage.
Prédestinée et destinée
Si on regarde le vocable, et plus particulièrement l'adjectif, il est lors assez aisé de faire la part des choses. Si tel cadeau m'est prédestiné, cela signifie qu'il était conçu, pensé et réalisé essentiellement pour ma personne. Il ne collera donc à personne d'autre, et afin de suivre son parcours il "doit" arriver entre mes mains. A l'inverse, si un cadeau m'est seulement destiné, cela signifie qu'il existait bien avant son attribution pour ma personne, et que si un changement survient, par exemple que je me fâche avec la personne voulant me l'offrir, alors il ne me sera plus destiné, et fera sans aucun doute le bonheur d'un autre.
Ici appairait clairement que la prédestinée possède cette notion de choses qui sont décidées à l'avance et rendues relativement inéluctables. Alors que la destinée, elle, construit avec le présent et propose une attribution, mais cette attribution peut être de la même manière supprimée par la suite. La destinée, ou le karma, ne nous impose donc rien, mais simplement propose. Le plus souvent, pourtant, dans une vision en terme de propriété et d'appartenance, on dira "c'est MON destin", et on fera alors la confusion avec la prédestinée et son illusion déterministe d'irréfutabilité.
L'homme et la femme sont prédestinés à mourir par exemple. On sait que c'est inéluctable. Mais pour autant la destinée de chacun de nous, elle, s'écrit dans l'instant présent.
Liberté ou illusion
Toute personne ayant un jour été modérateur d'une liste de discussion ou d'un forum connaît bien le problème : on confond liberté et droit de tout faire. Ainsi, sur un forum, un individu se met à déblatérer toutes les insultes qu'il peut, et si on le modère, il hurlera alors à son droit à la liberté d'expression. Cet exemple le montre bien, il ne s'agit absolument pas ici de liberté. Ce cas, usuel pour ne pas dire courant, illustre bien l'erreur qui est le plus souvent faite.
Le fait est que, par erreur, on définit bien souvent la liberté comme étant l'aptitude à faire le choix de ses actes, et de se tenir à ses décisions. Mais Platon nous l'a montré il y a fort longtemps, ceci est erroné. Ainsi, si je fais "ce que je veux", alors il suffit à autrui, un tant soit peu manipulateur, de titiller mes pulsions (sexuelles, egotiques ou autres), et me voilà un jouet entre ses mains. Ainsi, je me pare d'une illusion de liberté, je décide de mes actes, et au final je suis un pantin articulé. Platon nous démontre superbement, dans un de ses propos, que l'esclave est bien plus libre que son maître.
D'autre part, si je décide que dans telle situation je dois faire ceci (genre aider une personne en souffrance), alors je suis en train de décider de ce qui se passera dans le futur. Je ne suis donc pas en vie, dans l'ici et maintenant. Et, plus tard, lorsque la situation se produira, ma décision aura été prise dans le passé, et je m'imposerais de la respecter. Me voilà l'auteur de ma propre prison, car je ne suis jamais présent au monde, toujours parti dans le virtuel du futur ou du passé.
Et enfin ajoutons que, cerise sur le gâteau, si je tiens absolument à être libre, alors je suis moi-même prisonnier de cette attente, et je m'achète ainsi la certitude de ne pas l'être, à nouveau prisonnier de moi-même.
De fait, si à un quelconque échelon je fais un choix, alors j'en serais prisonnier par la suite. Le choix tue la liberté. Être libre impose donc, en priorité, l'aptitude à NE PAS décider. Ne pas laisser le conditionnement de mon passé, ma moral, la société ou mes ancêtres, ne pas les laisser prendre des décisions. Or si je décide, je les incorporerais inéluctablement dans mes actes.
Ainsi, paradoxalement : Être libre, c'est ne rien décider de ce que l'on fait.
Être simplement dans le flux.
Dans l'ici et maintenant.
Être soi-même. Ce soi qui ne sera plus le même d'ici quelques instants. Ce Soi « inbridable » et imprévisible, issu du pur présent.
Destinée et liberté
La destinée est donc un chemin qui se propose à soi, voire au Soi. Un chemin qui a été optimisé, la nature s'est mis en phase et a généré l'optimum, tout comme la courbe du roseau par grand vent est l'optimum de leur relationnel. Ainsi la destinée nous propose l'optimum. On peut alors faire un choix, et c'est le seul et unique choix que nous ayons, à savoir accepter cet optimum, ou pas. On se laisse porter par le flux, ou pas.
- Si on le fait, alors on ne décide plus de rien, tout prend place de soi-même. Cela nécessite de la confiance, la foi en la vie. Cela impose de croire qu'en effet en tant que roseau ce qui se propose à moi comme mouvement sera l'optimum relationnel entre lui et moi.
- Si au contraire on se laisse envahir par la peur, alors on tente de résister, on bloque, on veut modifier, tout contrôler, maîtriser, et on cherche alors à induire un rêve du passé dans le futur. Ce faisant, on tue le temps, on ne vit plus dans le présent, et on se perd soi-même. Ce décalage entre ce qui est et ce que je veux induit un refus qui va jusqu'au refus de moi-même, de ce que je suis et que je ne veux pas voir : un simple roseau. Ce déchirement interne se nomme : la souffrance.
Conclusion
Au bout du compte, de par la destinée qui propose un chemin, nous possédons un choix simple, à savoir soit être dans le flux, libre et égal à soi-même, ou alors résister, vouloir tout contrôler, et finalement souffrir.
Nous le voyons, destinée et liberté font donc excellent ménage, et de croire le contraire est simplement l'indication que nous avons fait le choix de la souffrance, et ceci sous motif illusoire de vouloir y échapper.

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