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Faut-il privilégier la tranquillité à la remise en cause ?

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Ecouter sa voix intérieure, là est l' essentiel !

Le 24 octobre 2006 par Serenity
A quoi cela sert-il de s'attacher à des valeurs, des vérités qui tôt ou tard seront battues en brèche.
La société nous impose de nombreux dictats : moraux, économiques, esthétiques qui nous obligent à nous conformer à une attitude nous faisant nous fondre dans la masse.
L'individu ne sait plus être lui-même, se perd dans une uniformisation érigée en principe de vie en société... dès lors que vous dérogé un tant soit peu de la norme communément admise, vous dérangez !
Les valeurs... quelles valeurs ? Celles de la société ! Nos vies sont "policées", nos existences sous contrôle.
Aucune nuance, hors du conformisme ambiant point de salut, surtout ne pas s'écarter de la norme imposée.
L'éducation ne sert pas à autre chose qu' à abêtir l' homme, à lui faire oublier l' essentiel... vivre !
Etre seul peut être, mais voir, entendre, parler avec son coeur et non derrière le masque de ses certitudes ou de ses angoisses.
Les seules vraies "valeurs" sont celles du coeur, le reste n'est que poudre aux yeux... cela me rappelle les paroles de Qohélet dans "l'Ecclésiaste".
1- "Quel profit y a-t-il pour l'homme de tout le travail qu' il fait sous le soleil ?
2- Un âge s'en va, un autre vient, et la terre subsiste toujours.
3- Le soleil se lève, le soleil se couche, il aspire à ce lieu d' où il se lève.
4- Le vent va vers le midi et tourne vers le nord, le vent tourne,
tourne et s'en va, et le vent reprend ses tours.
5- Tous les torrents vont vers la mer, et la mer n'est pas remplie;
vers le lieu où vont les torrents, là-bas, ils s'en vont de nouveau.
6- Tous les mots sont usés, on ne peut plus les dire, l'oeil ne se contente
pas de ce qu'il voit et l'oreille ne se remplit pas de ce qu'elle entend.
7- Ce qui a été, c'est ce qui sera, ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, rien de
nouveau sous le soleil !
8- S' il est une chose dont on puisse dire "Voyez, c' est nouveau cela !"- cela
existe depuis les siècles qui nous ont précédés.
9- Il n' y a aucun souvenir des temps anciens : quant aux suivants qui viendront,
il ne restera d'eux aucun souvenir, chez ceux qui viendront après."
L' Ecclésiaste est l' unique livre de la Bible que l' on puisse qualifier de "philosophique". Il fut rédigé au 3 ème siècle avant JC (époque où la Judée était encore sous l'empire des Ptolémées), par Qohéleth l' un des professeurs de l' école du second temple de Jérusalem.
Les bases de son discours réfutent violemment la doctrine traditionnelle selon laquelle les "justes" seront récompensés par Dieu et les "impies" punis.
A travers ce texte il tente de montrer à l'Homme l'absurdité de sa destinée, avec justesse et de façon abrupte il pose le constat de l'inanité de son labeur.
Il faut comprendre le terme "profit" dans son sens hellénistique, durant l' époque du règne des Ptolémées en Palestine, l' homme se doit d' être un "entrepreneur" pour se voir considéré par ses pairs.
Par les mots "sous le soleil" Qohéleth replace l'homme dans l'univers, immensité échappant à tout contrôle, d' où sa critique et son rejet de l' idée de profit, puisque l' homme est voué de toute éternité à ne faire qu' un passage sur terre.
Le premier vers pourrait en être le dernier, ici l'auteur nous questionne et nous fait percevoir que la recherche du sens de la vie ne mène à rien (vers 1).
Puisqu' à la fin des temps tout retombera poussière et qu'ici tout naît et tout meurt, ici est le règne de l'impermanence des choses et des êtres, seule la Nature subsiste (vers 2).
Nous ne savons pas pourquoi nous sommes ici, nous naissons comme éclot la fleur et nous mourrons comme s'éteint la lueur d'une bougie, tout au long de notre courte existence le tombeau nous appelle, nous nous devons de préparer ce voyage pour quoi nous sommes naît, revenir aux origines, retourner à la matrice, à nous de profiter du peu de temps qui nous est donné pour apprendre la vie (vers 3).
La vie est éternel recommencement, on ne peut arrêter l' horloge du temps, à quoi sert de courir après le vent, à quoi sert de courir après le temps (vers 4).
La répétition du travail humain use l'homme, aspire son humanité dans des corvées dépourvues de sens (vers 5).
"La nature parle et le genre humain n'entend pas !" cela résume le vers qui constitue le centre du poème.
Amertume et reconnaissance désabusée de l'impossibilité pour l'Homme d' accéder à une véritable communication quelque soient ses capacités cognitives naturelles.
Tous les sens de l'homme sont touchés, après la parole, la vue et l'ouïe.
Un homme profondément handicapé, aveugle, sourd et muet qui ne sait pas, ne comprend pas le sens de l'existence, est déconnecté du sens de l'Histoire, de son histoire (vers 6).
L'avenir est le passé, rien ne se crée qui ne soit déjà (vers 7).
Tout est répétition, l' homme est égal à l' homme est suis ses prédécesseurs (vers 8).
L'homme est oublieux, la mémoire de l' humanité se perd au fur et à mesure que l' homme foule la terre nourricière, elle seule subsiste, les générations changent et disparaissent à leur tour dans l' oubli (vers 9).
Poème pessimiste ou d'un réalisme sans concession ? Qohéleth en rupture avec l'exégèse biblique traditionnelle rejette définitivement l' idée d' une linéarité de l' histoire humaine.
Ce texte est une critique de la sagesse tout en étant lui-même une oeuvre empreinte de l' esprit philosophique, conclusion d' une observation profonde de la nature humaine, il est philosophie puisqu' à la recherche d' un "Ailleurs de l' Etre".
Qohéleth observe l'impossibilité et l'inanité pour l'homme de parvenir à comprendre le sens de sa vie en demeurant éloigné de sa nature divine.
Il ne dénigre pas la nécessité de cette quête du pourquoi sommes nous là ? Mais pose un regard critique et d'une puissance visionnaire face au matérialisme humain cherchant toujours des explications là où il suffirait de se taire et d'écouter.
Il nous montre le chemin vers la Connaissance : cette relation au divin que l'homme a oublié comme le reste.
Cette peur de l'inconnu dont vous parlez, c'est la crainte de se retrouver seul devant le miroir, face à soi-même.
Ouvrir les yeux pour voir enfin et combattre l'égo est salutaire, sinon il ne mène à rien qu'à renforcer nos défenses, à nous protéger dans notre tour d' ivoire.
Ce qui était vrai hier ne le sera peut-être plus demain ! Avoir des certitudes c'est marcher en aveugle, il faut douter de tout !
Tant que l'homme sera éloigné de l'amour de son prochain, sa quête de sa propre subsistance terrestre ne sera qu'un puits sans fond...
Serenity.

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