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Penser à son propre bonheur, est-ce être égoïste ?

Avis sur la question
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J'ose timidement donner mon avis...

Le 14 novembre 2006 par Romanos
J'ose timidement donner mon avis sur ce grave sujet car je suis un très mauvais exemple.
Pendant plus de 16 ans je me suis totalement investi dans mon travail. Ce job consistait à aider des personnes qui pour la plupart sont dépourvues de presque tout sur le plan social, familial et matériel... sans travail ; et comme l'un entraînant l'autre, leur santé a périclitée progressivement au fil des mois. Bref ! Je travaillais dans un milieu que l'on appelle à tort ou à raison : "Un service social" ou apparenté.
Je me suis complètement investi : coups de téléphones auprès de divers organismes, associations caritative, l'administration, les ANPE, trouver des centre d'hébergement, la Sécu pour des soins gratuits, la nourriture ! etc.
J'ai effectué ce travail à partir de 1981. Un an plus tôt je venais de perdre ma première Épouse. Submergé par le chagrin à en mourir moi aussi, je me suis alors noyé dans le travail, dans un Service pour "servir" les autres, mes semblables... "OUBLIER". Oublier mon état de veuvage et vivre mon deuil... tout en essayant d'oublier ce drame ou tragédie que j'avais vécu un an auparavant. Alors comme je suis profondément croyant et mystique, plus que religieux, tel un "Diacre laïque", je me suis jeté corps et âme, avec tout cet altruisme dont j'étais modestement pourvu dans ce travail quotidien et merveilleux. J'ai même oublié que j'étais un être constitué de chair et de sang. JE VOULAIS SERVIR. Tout cela se déroula durant des années. Mon chagrin ? Je l'avais placé en arrière plan. Je n'étais plus moi, je ne m'appartenais plus. J'étais-là pour servir. Il y eut en ceci je crois, un petit peu d'orgueil n'est-ce pas ?
Puis sans me rendre compte réellement -, puisque je n'avais pas les pieds sur terre -, petit à petit, ma santé commença à péricliter elle aussi. Je me suis dit : "Tu travailles trop : 10 à 11 heures par jour - mais seulement 7 et demi payées par ton patron" ! - "M'en fiche" ! j'me suis. Et c'est-là où l'orgueil apparaît, éclatant, il me fallait à cette époque agir comme ça, stupidement. Aujourd'hui je nomme ceci, peut-être à tort "Avoir de la fatuité".
Oui quel orgueil ! car je n'ai pas voulu comprendre qu'il ne faut pas dépasser ces propres limites ; se dépasser ! ? non je pense que ce n'est pas ça ou par comme ceci.
Aider les autres avec altruisme, dévouement, célérité, c'est bien. Et c'est aussi très merveilleux. Toutefois je pense -, cet avis est très personnel -, qu'il faut au préalable savoir "balayer devant sa porte" comme l'on dit simplement et surtout, ça je crois que c'est très important : "Quelque soit la tâche - si noble soit-elle - il nous faut se réserver une petite place pour soi-même dans son coeur, dans son petit jardin secret aussi. C'est très important.
C'est important d'avoir quelque part, que ce soit chez soi et dans son coeur un petit endroit, tel un oratoire ou un p'tit coin à soi pour vivre quelques heures par jour pour soi-même uniquement. Je ne pense pas que cela soit de l'égoïsme, il ne s'agit humainement et psychologiquement d'une sorte de rééquilibrage de nos forces physiques et psychologiques. C'est-à-dire que l'on refait le plein.
Ce plein d'énergie nous permet de mieux servir et surtout d'éviter dans tel ou tel SERVICE altruiste de se dire au fond de soi : "J'aide les autres, je me consacre corps et âme à cette noble tâche", etc... Je pense qu'il ne faut pas penser comme ça.
Il nous faut demeurer pendant ces moments de services pour autrui, demeurer "impersonnel" ; je veux pas dire sans âme, oh ! certes non, "car ça" c'est une belle ânerie. Ce n'est pas ça l'impersonnalité.
C'est plutôt de ce dire tout simplement au fond de son coeur : "Seigneur ! fais de moi un instrument de ta Paix - Là où il y a offense que j'apporte le pardon - Là où il y a de la peine que je donne la joie - Là où il y a de la haine que je donne ton Amour - etc. "Car c'est en donnant que l'on reçoit". - (Notre petit Frère des Pauvres, Saint François d'Assise). Peut-être est-ce ceci l'impersonnalité dans le service altruiste et désintéressé que l'on offre aux autres. Et surtout ! en prenant garde de ne pas y perdre au moins... sa santé ou son âme.
Conclusion si je peux utiliser ce terme.
A la suite de ce job que j'ai accompli pendant si longtemps, j'ai sombré à un moment donné dans une grave dépression nerveuse. Je me suis tout simplement trompé, car j'ai voulu en étant le "Gardien de mon Frère", atteler mon cheval en direction d'une étoile bien trop lointaine pour moi.
Romanos

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