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Ne pas les juger, on ne sait pas à quel point ils souffrent

Le 29 janvier 2009 par Vero181
J'ai envie de vous partager ce que moi j'ai vécu et ce qui a fait changer ma vision du suicide. Vers mon adolescence, j'ai souvent cru que ce n'était que les faibles qui se suicident, seulement ceux qui ne peuvent pas affronter leurs souffrances. J'ai toujours eu une assez belle vie. Mais un jour vers l'âge de 20 ans, alors que j'avais tout dans la vie pour être heureuse (beaucoup de bonnes personnes autour de moi, de bons parents, un bon copain, de bons amis) je me suis retrouvée dans un état psychologique, du jour au lendemain, après avoir fait le party avec des amis. Je vivais comme un zombie. J'étais toujours épuisée, j'avais l'impression que tous les gens autour de moi avaient changés. Ils étaient bizarres, pas tels que je les connais. Je voyais des choses étranges autour de moi. Je souffrais car c'est comme si j'étais droguée, mais sans drogue, et l'état persistait, une semaine, deux semaines... À l'école je ne comprenais rien, je pleurais de plus en plus, je ne mangeais presque plus, j'avais toujours mal au coeur. Je ne comprenais rien de ce qui m'arrivait. Bref après un mois je ne tenais plus le coup. Je ne comprenais pas pourquoi moi, pourquoi j'étais comme ça. J'avais l'impression que je vivais un mauvais rêve, un cauchemar. Et je me disais toujours que j'allais me réveiller. Je voulais tellement revenir normal, comme avant cette soirée. Mais je ne faisais que m'enfoncer. Et sérieusement, j'ai pensé au suicide, mais plutôt à une tentative. Je voulais m'empoisonner avec du poulet, ou me faire frapper par une voiture et que ça passe comme un accident. Je me sentais tellement seule. Je suis allée voir finalement des psychiatres, forcée par mes proches, qui ne comprenaient pas trop mon état. Les médecins m'ont dit que j'étais en période dépressive, suite au cannabis que j'avais fumé. Je trouvais que cela n'avait pas de sens pour moi. On ne reste pas drogué pendant un mois à cause du pot. Finalement après quelques années, j'ai suivi une thérapie, et j'ai découvert que ma mère, celle qui est comme mon âme soeur, portait un secret bien gardé. Et j'ai du travailler fort pour le lui faire dire. Elle avait eu un enfant avant moi, qui avait toujours pensée être sa fille unique. Elle avait été forcée d'abandonner son enfant à cause des croyances religieuses de l'époque, et en plus elle a toujours vécu ça toute seule. Elle n'en avait jamais reparlé à personne depuis. C'est comme si tout les sentiments dont elle s'est coupée à l'époque, toute sa souffrance, mon âme la ressentait.
Je n'ai pas vécu cet épisode cauchemardesque juste parce que celui-ci m'a permis de découvrir l'existence d'un frère, de mon frère. Et aujourd'hui, je comprend ceux qui veulent mourir, je comprends leur souffrance, et surtout je trouve ça courageux, car moi je n'aurais jamais eu le courage de posé un tel geste, j'ai juste pensé me faire du mal pour me faire aider et encore là, je n'ai même pas été capable. Je ne dis pas que je ne suis pas courageuse à cause que je n'ai pas posé le geste, mais juste que ceux qui trouvent le courage de poser ce geste, ont probablement plus d'espoir de s'en sortir, et ce qu'ils vivent doit être vraiment insupportable, car je l'ai vécu un peu ce sentiment de ne plus faire partie de cette vie, mais d'être là quand même. Dans ta tête tu es conscient mais autour de toi tout est différent. Aujourd'hui, je comprend que c'est le contraire qui se produisait. Ce sont mes perceptions qui étaient changées.
Le suicide est un sujet délicat, il est important de ne pas juger ceux qui posent ce geste. Ces personne sont des souffrances qui est au delà de n'importe qu'elle souffrance physique. Il n'y a pas de gens fous ou malades, que des personnes qui cachent des souffrances qui parfois, ne leur appartiennent même pas et peuvent provenir de générations passés. Il est important de savoir d'où l'on vient. Et les choses qu'on ne sait pas, nous sont nuisibles, tel le secret de ma mère. Juste comme ça, elle a eu son premier enfant à 20 ans et j'avais 20 ans quand mon épisode bizarre s'est produit. Est-ce un hasard ?

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