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Que croire ? Croire en soi...

Le 03 juin 2007 par Eiffel
Le fait n'est pas nouveau et existe depuis la nuit des temps. On le sait, depuis toujours, il suffit qu'un philosophe ait proposé une thèse pour que l'on puisse être certain, plus tôt ou plus tard, qu'une thèse incompatible voire opposée ait vu le jour.
Dans le domaine du spirituel ce problème se retrouve naturellement aussi.
Alors : "Qui croire ? quoi croire ? que croire ?"
Nonobstant, fidèle au dispositif de filtrage, commençons par observer ce qui se propose dans cette question, quelle est l'affirmation qui s'y trouve dissimulée. Car une telle question présuppose, à l'évidence, qu'il faudrait croire quelqu'un ou quelque chose. Ce qui donc sous-entendrait que l'un de ces écrits possède la vérité, alors que les autres, incompatibles, non.
Autrement dit une telle question suppose qu'il existe une vérité unique et transcendante, d'une part, et d'autre part que cette vérité peut être mise en mots de manière non équivoque. Une telle hypothèse se nomme la vision matérialiste, c'est à dire qui suppose que l'existant existe en toute indépendance de l'observateur. Ce serait même une forme d'absolutisme si l'on supposait que cette réponse est la même indépendamment de la personne.
Par rapport à une telle difficulté, les philosophes, en proie à cette difficulté, ont trouvé depuis longtemps une réponse appropriée : le relativisme. Ainsi, plutôt que de croire en "une vérité", il est plus souple de s'intéresser à plusieurs, même si elles semblent contradictoires. En un second temps, les relativiser signifiera observer leur rayon de validité. Ainsi, en science, on sait que la théorie newtonienne est fausse puisque mise à mal dans de nombreux cas. Pour autant, à des échelles ni microscopiques ni macroscopiques de dimensions ou d'énergie, cette approche est pertinente. La théorie newtonienne n'est donc évidemment pas une vérité, et n'est pas "à croire". Un cherchant en proie d'une vérité tendrait alors vers un scientisme, par exemple en affirmant "les atomes existent". Le relativisme, quant à lui, fera dire au scientifique digne de ce nom : "le modèle atomique donne d'excellents résultats numériques".
Citons ensuite un enseignement plein de sagesse du Bouddha, enseignement que n'importe qui d'autre que lui aurait pu trouver tout seul : "ne croit que ce que tu vois, et encore doutes-en". Cela signifie qu'avant de croire tout et n'importe quoi, qu'avant de faire confiance à celui qui, lui-même, aura pou s'égarer dans sa quête de vérité, il est sain de s'en remettre à sa propre expérience. On rejoint ainsi l'aptitude à aller vers "sa" vérité. Prenons un exemple trivial...
J'apprends à l'école que l'eau bout à 100 degrés Celsius. Soit. Et donc parce que le professeur me l'a dit, je dois considérer que c'est vrai. Pour autant, qui m'empêche de prendre mon thermomètre et d'aller faire bouillir de l'eau dans une casserole ? Si je ne le fais pas, alors je me mets en quête d'un divin enseignant qui serait sans faille... Alors que si je vérifie, mon enseignant peut être humain et faillible, cela n'altèrera pas ce qu'il me transmettra.
Ainsi, par cette approche détournée, une chose déjà est sure : l'ouvrage qui vous proposera un "protocole expérimental", pour vérifier par vous-même, cet ouvrage prend le risque d'être nié par votre expérience. Celui-là possède donc des chances de vous apporter une réelle connaissance, et ceci tout particulièrement si vous faîtes la dite expérience. Que ce soit Bouddha, Descartes, Krisnamurti ou un "simple" scientifique tel que Rémy Chauvin, tous vous proposent de tester par vous-mêmes et vous incitent à ne faire confiance qu'à votre propre esprit critique. Par contre, un prophète affirmant "en vérité, en vérité, je vous le dis", lui, pour sa part, sera déjà nettement moins crédible.
Un autre aspect très pertinent pour évaluer un auteur est de connaître quelque peu sa vie. Prônons Freud, qui nous vend de la délivrance psychique mais qui n'est jamais parvenu à se soigner lui-même. Il n'est, a priori, pas très crédible. De même, si un auteur propose de faire "ainsi", et que lui-même ne le fait pas, son conseil perd en crédibilité. A contrario, des auteurs tels que Lawrence LeShan ou Barbara Ann Brennan ne disent pas "vous devez faire ci", mais "voici comment moi je pratique et ce qui m'arrive / ce que je perçois".
Bien entendu, par delà l'auteur, nous ne devons pas oublier le lecteur, car la lecture n'est pas un acte passif, mais éminemment proactif, sinon quoi ce n'est plus de la lecture mais du verbiage. Ainsi, si j'aborde un sujet philosophique complexe, je peux faire le choix de nombreux ouvrages, pour avoir tous les points de vue, et encombrer ma mémoire de tas d'idées. Généralement, cela est vrai, sauf à vouloir briller par son savoir lors de longues soirées d'hivers. A l'inverse, la lecture d'un seul ouvrage, mais en prenant le temps de soupeser les idées, les questionnements, les divers raisonnements possibles, etc., une telle lecture d'un seul ouvrage peut apporter mille fois plus au lecteur, qui aura compris la substantifique moelle, que de lire rapidement et superficiellement mille ouvrages. De fait, la lecture d'un texte est en soi un travail absolument épuisant, nécessitant parfois plusieurs heures pour lire une seule page si elle est vraiment dense.
Il est encore à préciser que parfois l'erreur est saine. Ainsi, par exemple, j'ai mes certitudes, par exemple scientistes. Je vais tomber sur un ouvrage qui me mettra le doute mais tout en restant scientiste. Il sera donc faux, mais créera un sillon. Par la suite un autre, et un autre encore. Le dernier recèlera une sorte de vérité profonde, à laquelle je n'aurais jamais pu accéder dés le début. C'est le principe de l'apprentissage. Un peu comme si chaque ouvrage était une échelle d'un étage au suivant. Pour accéder à la dernière échelle, il m'a fallu en utiliser d'autres avant, pour étendre un peu plus ma conscience à chaque fois. Tout comme un sauteur en hauteur commencera bas et montera peu à peu, ou un soulever de poids idem.
Naturellement, cette approche implique une remise en question de ses propres certitudes. Ainsi, au lieu de juger en "vrai" ou "faux", il pourra être plus enrichissant d'évaluer chaque hypothèse comme "possible" ou "pertinente". De fait, remplacer "c'est de la connerie" ou "c'est foireux ce truc" par "visiblement quelque chose m'échappe, je ne comprends pas" ou "je ne suis pas d'accord, mais voyons s'il avait raison" peut être une clé en soi, et ce indépendamment de l'auteur.
A l'expérimentation, certains objecterons, à raison, qu'il est fort difficile au quidam de mener des expérimentations de physiques des particules. Assurément ! Pour autant, les expériences faites sont disponibles, et il est alors loisible de ne pas regarder simplement les résultats mais de tenter de les retrouver. Survient alors un autre problème : l'aptitude. Car, en effet, faire des calculs dans ces domaines n'est pas choses simples, il faut un bagage mathématique notoire. Alors ? Nous voici obligés de croire celui qui a fait l'expérience ?
La réponse est bien plus simple : si je n'ai pas l'aptitude à vérifier, c'est probablement que cela ne me concerne pas ! En effet, si mon but est d'être moi-même, alors pourquoi vouloir connaître ce qui ne m'est pas connaissable ? Ce serait vouloir le beurre et l'argent du beurre. Nous postulons au contraire que les vérités que nous avons besoin de comprendre, celles qui nous construirons, ces vérités nous sont nécessairement accessible, et ceci par nos moyens propres. L'âme n'a pas fait les choses au hasard, et si elle m'a fait plus musclé qu'intellectuel, c'est que les vérités qui me concernent me seront accessibles plutôt musculairement. C'est ainsi que, pour illustrer ce principe, certains culturistes en sont venus à la spiritualité de par le travail intensif. Et leur expérience au sein de leur chair est bien plus riche que bien des discours et des raisonnements intellectualisés car une expérience réelle, concrète et on ne peut plus tangible.
À l'issue de ce raisonnement et de ses quelques dérivations, nous répondrons donc à la question : « Qui croire, quoi croire, que croire ? » par ce principe très général : croire son expérience et son expérimentation.
Que cela passe par des guides, par des intuitions, par des cogitations, ou par des expérimentations physiques ou psychiques, notre seul et unique enseignant est notre propre expérience.
De fait, un auteur proposant sa propre expérience au lecteur, voire proposant une expérimentation, aura de bonnes chances d'être pertinent, alors qu'un ouvrage posant dogmatiquement des affirmations sera de prime abord moins crédible.
Pour autant, c'est le lecteur, par son effort, sa passion, son attention et son investissement personnel, tant dans la lecture que dans l'esprit critique menant éventuellement à l'expérimentation, qui en fera un bon ou un mauvais livre.
Et enfin, n'oublions pas que nous n'avons pas tous le même niveau de conscience, et que certaines vérités plus "élevées" sont pour d'autres, ou pour nous dans d'autres vies. Il appartient donc à chacun de trouver chaussure à son pied plutôt que de rêver vainement trouver des "bottes de sept lieues".
Car, naturellement, tout comme on ne grimpe pas tout en haut de la montagne sans efforts physiques, on n'appréhende pas non plus les "grandes vérités" sans investissement personnel.

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