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Un cancre chez les Rose-Croix

Le 02 novembre 2011 par Justificus
1970 Cela faisait un an qu'un homme avait mit le pied sur la Lune ; un an aussi que le « King » Elvis avait fait un retour triomphant à la scène.
Qui allait croire que cette année là, moi, le petit point microscopique dans l'univers, celui que certaines mauvaises langues avaient surnommé « le cancre » à l'école et à de qui on disait dans ses carnets de note « Peut mieux faire ! », devait rencontrer, (Pardon,à l'époque l'on disait, l'ordre Rosicrucien A.M.O.R.C.) de ce fait, le Mysticisme.
Ce n'était pas les montagnes du Tibet, ni celle de Montségur, mais les Alpes.
Ce n'était pas la première fois que les Hautes Alpes, furent mon lieu de vacances ; et comme la dit Marcel Pagnol pour ses collines, « elles sont devenues mes Montagnes. »
Le petit village dans la montagne, St Martin de Quéyrieres, (Altitude 1.150 mètre). Un tout petit village à une dizaine de kilomètre de Briançon, si petit, qu'il a l'air de border la route qui va à la ville, (mais ne vous y fiez pas) !
Là, il m'avait été possible de rencontrer André, un garçon de mon âge, qui comme moi était un passionné de lectures, que nous appelions occultes, ou plus pompeusement « sciences occultes ».
(Ce genre de bouquins qui vous donnent le secret de la pierre philosophale à bon marché). Comme disait ma grand-mère « à Marseille on qualifie de pauvre quelqu'un de décédé ».
Alors comme le disait ma « pauvre » grand-mère : « Qui donnerait le bon dieu sans confession ».
Il y avait entre autres, cet auteur ayant trouvé la clé de science des moines du Tibet, dont il avait adopté non seulement l'esprit, mais l'apparence, puis que ce dépouillant sa personnalité de Monsieur « Un tel », anglais né en 1910, pour prendre le corps d'un lama, (qui lui en aurait eu marre de vivre, comme l'auraient dit mes fils dans leur jargon).
Jeunes gens prenez garde au mage de Supermarché, et comme la dit le grand maître Eliphas Lévi « Qui a l'audace de vouloir pénétrer dans le domaine de l'occulte, doit savoir qu'il n'y a que trois portes de sorties : la sainteté, la folie ou la mort ».
Mais cette année là il avait rangé au grenier ce genre de lecture, il n'y avait pas que ses lectures qui avaient changées, son langage n'était plus le même, il avait quelque chose de mystérieux et j'allais percer son secret.
Il me parlait de philosophie, il répétait souvent un mot qui jusqu'à ce jour m'était alors inconnu, mais qui sonnait à mais qui résonnait à mes oreilles comme un mot magique : d'ésotérisme, il m'expliqua que c'était la science des initiés.
Même son apparence avait changé, il ne se cachait derrière ses lunettes noires presque opaques.
Il me parlait de cette lumière que possèdent les mystiques, qui avec leur âme s'unissent en une brève fraction d'éternité à la source de toute une sagesse.
Il me revient en mémoire le passage d'une de ses lettres, il m'écrivait au sujet d'un livre (« Les vingt messages » de Jeanne Guédon, qui fut Grand maître de l'A.M.O.R.C) qu'il m'offrait : « En espérant que ces écrits te portent la lumière ». Cette lumière qu'il voulait partager avec moi.
Dans une de nos conversations (une de celles qui s'est terminée tard dans la nuit, ces nuits d'été à la montagne, où le Ciel est cent fois plus étoilé qu'à la ville, où les étoiles filantes se croisent et mêlent leurs chevelures flamboyante).
Il était souvent question de maîtrise de la vie, des mystères de l'être, et ce que nous nous connaissons bien : pourquoi sommes-nous ici-bas ?
La réincarnation, le karma, la paix profonde, des influences cosmiques.
Tous ces mots tournaient dans ma tête et me grisaient comme du champagne, dont les bulles éclataient dans mon cerveau.
Puis un jour, il me dit, « connais tu la Rose–Croix ? »
Alors à ce mot magique, quelque chose s'entrouvrit dans mon subconscient, alors ma bouche ne put retenir ces mots « Comme St Germain, le Rose+Croix ».
« Comment connais- tu St Germain ? », dit il, en me voyant aussi étonné que lui ; tout deux nous éclatâmes de rire.
Il m'a été impossible de lui dire ; cela venait du plus profond de ma mémoire, comme quelque chose que l'on va chercher derrière les fagots. Il me dit (pour me taquiner) « Tu as du le rencontrer la Rose-croix dans une de tes précédente incarnations ? »
Alors dans mon lit, je me visualisais en costume ancien, rencontrant cette auguste fraternité dans le passé.
A cette époque, il m'était aisé de m'inventer des histoires de chevaliers, (et de plus à cette époque, en 1970 bien sûr) !
L'élue de mon coeur répondait au doux nom de Isabelle (un prénom digne d'une princesse à sauver).
Malgré que le nom de Rose-croix, sonnait à mes oreilles comme un mot magique, il me faisait un peu peur, moi qui croyait que cette organisation était faite pour des gens dont le niveau scolaire était assez élevé.
Moi qui à l'école avait des notes plutôt modestes ; et je faisait mon apprentissage dans atelier de serrurerie, qui puait la ferraille et la graisse et cet antirouille s'imprégnant sur mes doigts comme une encre indélébile.
Cette fraternité ne devait pas être pour moi ?
Puis les livres sur la rose-croix, que je dévorais (des yeux) reflétait la lumière, mes « grimoires d'occultisme »eux étaient plutôt obscurs.
Mais André ne m'avait-il pas ouvert « un portail secret sur un jardin intérieur » ?
Ou bien ce compagnon de vacances, cet ami, ce frère, (sans essayer de m'influencer), ne m'avait-il pas dirigé sur un sentier de lumière, ce sentier sera long et tortueux.
De retour à Marseille ce rêve allait il s'envoler, dans le tumulte de la ville ?
Le temps passe et les années aussi, mais les symboles restent, comme dit la kabbale « Ne sont-ils pas le reflet de ce qui est caché ?»
Depuis cette année là, les symboles ne m'ont plus lâchés, en particulier celui de la rose-croix.
Il y avait toujours une librairie, qui dans ses rayons possédait au moins un livre parlant de « la rose-croix et de templiers » ou de « rose-croix et d'alchimie ». Décidément, mon chemin croisait inévitablement celui de la rose-croix.
Par un beau week-end de pentecôte, il m'avait été possible de partir à la campagne avec des amis.
Le dimanche, un copain « lève-tôt », revenant du village voisin, et connaissant ma sympathie pour « l'ordre »,
Me lance à la table, où nous attendait un petit-déjeuner campagnard, le journal de la région, une boutade à ce sujet, en m'appelant « monsieur le rose-croix. »
Un peu gêné par la plaisanterie, je dû lire l'article sous le regard inquisiteur de l'assemblée.
Le journal écrivait en gros titre « l'ordre rosicrucien A.M.O.R.C. » donnait une conférence dans la région.
Dommage que ce fut trop loin, n'ayant moi-même pas de voiture, et puis aucun « copain » n'aurait accepté de me conduire, « tant pis » !
Un homme que je ne connaissais pas, (un client de l'auberge sans doute) voyant mon désarroi, vint à ma table et me dit : « Comment connais tu la rose-croix ? ». « Par un ami dans les Alpes ! ». « A bon ! », répliqua t il.
Comme soulagé de ne pas être au côté d'un quelconque hérétique ou d'un membre des légions infernales.
« Tu sais j'ai lu quelque part que leur doctrine se rapproche de celle des francs-maçons. » (Cela me fait une belle jambe, pensai je !)
Un jour, je me baladais sur la Canebière, mon regard fut attiré par une affiche portant le symbole rosicrucien, sur la vitrine d'un magasin.
Un klaxon et un juron, me firent sortir de mes songes, me voilà en train d'errer entre les voitures, en me rapprochant de la fameuse affiche, je pus enfin lire : une conférence de l'A.M.O.R.C. le ... .
« Zut ! La date est passée. »
Chaque fois qu'il m'était possible de rencontrer des lecteurs, ma conversation déviait vers des sujets
philosophiques, et bien sur l'ésotérisme, puis vers les sociétés dites secrètes, et bien sûr la rose-croix.
Mais cela ne donnait rien.
Et André, qui ne me tendait pas la perche ; cela fait longtemps qu'il ne m'a plus écrit. Dans une ses lettres il me parlait de ses études au « bahut » (comme il disait). Des « bons »livres qu'il avait lu, mais jamais de la rose-croix.
Il m'avoua plus tard, qu'il fallait y parvenir tout seul.
Puis ce fut le service militaire, (encore un mauvais moment à passer) là personne ne connaît la R+C.
De retour à la vie civile, il me fallut travailler à l'usine, ce fut ma rencontre avec la philosophie matérialiste, je devins syndicaliste, mais cela n'était pas mon but. J'ai essayé pendant quelques temps dans ce que l'on appelait « Le christianisme en classe ouvrière », me voila vite dégoûté.
Puis un soir, en feuilletant de vieux livres du fond d'un placard, (et du fond de mon adolescence.)
Voilà que la Rose-croix que j'avais négligée, réapparu « Mais quel était donc cet ordre mystérieux ? ». S'il n'y avait pas André, il me serait aisé de croire comme certains auteurs le prétendent, que la rose-croix est morte à Paris au XVIème ou au XVIIème siècle.


L'ILLUSION DU TEMPS

Les jours se suivent mais ne ce ressemblent pas, à moins que le temps ne soit qu'une illusion, pour nous pauvres mortels.
Mes recherches sur l'ordre de la rose-croix, n'aboutissaient pas, mes lectures me menaient vers une autre société initiatique, (celle que les livres parlent tant).
Mais, toujours leurs pages parlaient de la rose-croix, puis un jour, dans une grande librairie, il m'a été possible de « tomber » sur un dictionnaire de cette société initiatique, et bien sur mes recherches s'orienter vers le paragraphe rose-croix ; à ma grande stupéfaction : il disait que la rose-croix était un canular, cela me fit un tel choc, comme si on avait insulté quelqu'un qui m'était proche. Les gens du magasin ont sursauté en m'entendant claquer ce gros bouquin.
Le surveillant de la librairie, en apercevant ce grand dadet détaler, il allait presque bondir sur moi, tel une bête féroce sur sa proie, mais arrivé au tourniquet, il s'aperçut que je ne pouvais cacher quelque chose sous mon tee-shirt, ou encore moins dans mon jeans, il retomba dans sa torpeur d'ours en hibernation.
Si au moins il m'avait était possible de garder les lettres de André, il me faudrait moins me « casser la tête ».

« Au pardon ! » il m'a dit lui-même : « Ce n'est pas la tête, mais le coeur qu'il faut se casser !»
Dans ses lettres, il me glissait, de temps en temps, des phrases comme celle-ci : « Il faut donc parvenir à voir un frère dans chaque personne qui se présente à nous et si cette personne nous fait du mal, il faut s'efforcer de comprendre que ce mal qu'elle nous fait, elle n'agit que par ignorance.
Un jour il m'écrivait : « Si tu continues à tant lire, va te venir une araignée dans ta tête, comme dans les vielles bibliothèques ».
Les alchimistes du passé ont fait des recherches durant toute leur vie et non pas trouvé la pierre des sages ; combien de voyageurs ont parcouru le monde, par les quatre points cardinaux, et n'ont jamais trouvé la terre promise.
A cette époque mes recherches ce limitaient à des ouvrages sur l'alchimie, les seuls renseignements sur la R+C, ce situés vers le XVIème siècle, il y avait même cet auteur affirmant que la rose-croix est une fiction, et qu'elle n'a jamais existé (dur, dur) !
Mes moyens m'interdisaient d'aller en Egypte ou au Tibet, et pourquoi pas en Amérique, (je ne savais pas qu'à cette époque le siège suprême de l'A.M.OR.C était au USA). Et puis combien étaient-ils partis au Katmandou il y a quelques années ?

Oh Sphinx, au regard de pierre, toi qui a vu le passé.
Je suis sûr que tu scrutes l'avenir sans rien révéler.
Pourras tu à jamais garder ton secret ?

*

Le feu qui brûle en moi, n'est pas de même nature
Que celui qui brûle dans l'âtre, i1 est plus ardent.
Il est celui qui attise le foyer de la foi.

*

Où es-tu toi la cité des frères en blancs,
Dans les hauteurs de l'Himalaya,
Ou dans les profondeurs de la terre.
Ou bien dans mon coeur.
Parfois je me sens comme une mouche engluée,
Qui n'arrive pas à s'envoler,
Les pattes enchevêtrées dans un entourage nocif,
Embourbé dans la souffrance d'un monde de haine et de convoitise
Qui m'attire comme un aimant vers la matière.
Février 1980

A cette époque André est venu « enfin » habiter Marseille ; dans ma dernière visite chez lui, nous avons parlé de la rose-croix, « bien sur », il m'a montré des tas de bouquins qui touchaient de près ou de loin à l'ordre de la rose-croix.
Puis n'étant pas satisfait, ne pouvant plus tenir, je lui posais cette fameuse question qui me brûlait les lèvres depuis des années : « Que faut il faire pour en savoir plus sur la rose-croix ? »
Tout d'abord, il me prêta le « Manuel rosicrucien » ; là je trouvais les réponses à de nombreuses questions que je me suis souvent posé.
A ma deuxième visite, ma question ce concrétisa : « Que faut il faire pour rencontre la
fraternité ? »
II souri et sans un mot, il ouvrit une armoire. (Était-elle la porte ouvrant sur un jardin secret ou dans une crypte secrète, ou une source à laquelle j'allais enfin abreuver tout mes espoirs ?)
Il en sortit une brochure, il dit : « Tout simplement, en lisant la brochure « La Maîtrise de la Vie ». Très impatient, je feuilletais avidement les pages de cette brochure, (je m'imaginais comme la fait au moyen âge, Nicolas Flamel, en découvrant « Le livre des figures magique d'Abraham, le prince Lévite »).
Sur la couverture, une main géante, dirigeait la lumière du soleil sur la terre.
A l'intérieur, sous le titre : « Ces hommes et ces femmes ont été en conta ct avec le rosicrucianisme » était écrit « Qu'est ce qu'un Rosicrucien ? », « C'est quelqu'un qui a apprit à conduire son existence selon une philosophie basée sur la compréhension, la confiance et l'efficacité, etc. ».
Rentré chez moi. Je lu attentivement cette fameuse brochure ; Il me fallut pas longtemps, pour convaincre celle qui à l'époque était mon épouse(depuis nos chemins ce sont séparés) que la Rose-croix était ma destinée. C'est avec une grande émotion que je remplis le bulletin d'affiliation.

Vendredi 4 avril 1980
Je reçus mon premier courrier rosicrucien, dans la grande enveloppe, il y avait quatre monographies, des papiers justifiant mon affiliation à l'ancien et mystique ordre de la rose-croix.
Et bien sûr ma carte de membre de la grande loge de l'ordre rosicrucien. (Pour moi ce fut la « Revanche du petit cancre » ; je venais de recevoir mon plus prestigieux diplôme.) .
J'épluchais mon courrier sur le lit, et je m'endormis, (dans mes rêves je n'arrivais jamais à franchir toutes sortes d'obstacles, dans celui -ci je gravissais les plus hautes murailles et mes routes étaient jalonnées comme des autoroutes et les lieux sombres étaient baignés de lumières, le train que je ratais en songe était là, je montai pour prendre place).
Quant un bruit venu de la rue me fit « revenir » sur terre en me réveillant, alors je compris que j'étais sur le bon chemin.
Quelques jours plus tard ,je téléphonai à André pour lui annoncer la bonne nouvelle, quand à lui il m'avoua qu'il avait arrêté son affiliation depuis un moment, mais ne me l'avait pas dit de peur de me décourager dans ma « quête ». (Comme quoi, il est plus facile d'en sortir que d'y rentrer)
Plus tard, il vint me rendre visite, là il m'offrit son tablier rosicrucien, (que je garde toujours précieusement). Ce fut le plus beau cadeau qu'un ami puisse me faire.
Le temps a passé, nous sommes devenus des pères de famille, mais nos routes se croisent souvent.

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