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Les templiers

Texte publié le 09 février 2010 proposé par Jean
On peut penser, avec le recul qu'offre l'histoire, qu'il y avait chez les templiers du très bon et du sordide. Certains les voient comme les chevaliers du Christ, d'autres comme de sanguinaires libidineux. On a tout écrit sur eux, on a brodé, inventé, construit une légende ou voulu les salir. Loin de moi l'idée de vous faire un descriptif exact de ce que fut toute la chevalerie templière, car ...

Commentaires autour du texte

Les templiers

Par Blackocculta le 03.03.2010
C'est justement bien résumé pour quelqu'un voulant découvrir l'histoire des templiers.
Je suis d'accord avec vous, la légende sur un trésor caché est très surfaite.

Heritiers auto proclamés

Par Justificus le 08.01.2011
Des héritiers auto proclamés : «L'ordre du Temple a engendré bien des avatars»
Source : Historia
09/06/2004
Des héritiers autoproclamés
L'ordre du Temple a engendré bien des avatars, tel l'ordre du Temple solaire qui a conduit ses membres à s'entre-tuer dans les années 1990. Mais d'autres mouvements néo templiers ne vont pas jusqu'à de telles extrémités.
Par Jean Hennegé
Le néo-templarisme naît au XVIIIe siècle avec la formation de la Stricte observance templière (SOT) de Karl von Hund (1722-1776), société illuministe de forme maçonnique qui prétend restaurer le modèle original de l'ordre du Temple dans toute sa dimension historique. La SOT assume un temps cet héritage, totalement mythique, d'un prétendu ésotérisme templier médiéval, dissimulé sous les traits cisterciens de l'ordre des Pauvres Chevaliers du Christ, façade en trompe-l'oeil, partie émergée et politiquement correcte d'un projet autrement important et dont l'histoire ne dit rien. La SOT sera fondue dans le Rite écossais rectifié à la mort du baron von Hund par Jean Baptiste Willermoz avec l'introduction dans ce rite maçonnique de « hauts grades templiers ».
En 1811, la loge maçonnique des Chevaliers de la Croix compte dans ses membres un certain Bernard Raymond Fabré-Palaprat, médecin remarquable dont l'engagement auprès des blessés lors du siège de Paris en 1814 lui vaudra plus tard d'obtenir la Légion d'honneur. Cette loge, affiliée au Grand Orient et peut-être parrainée par Napoléon Ier, est dirigée par un autre médecin, le docteur Ledru, qui affirme à son tour détenir le fameux héritage templier, par l'intermédiaire d'un certain Radix de Chevillon qui l'aurait lui-même reçu, en 1792, d'un dernier grand maître secret de l'ordre du Temple, Timoléon de Cossé Brissac.
Cette filiation secrète se doit, pour le moins, d'être ininterrompue depuis Jacques de Molay pour légitimer la position de Ledru. C'est ce qu'est censé prouver une charta transmissionis, produite habilement par Ledru et que la tradition néo templière d'alors attribue à Jean-Marc Larménius. Sur ce « faux véridique », les noms des grands maîtres clandestins de l'ordre du Temple se succéderaient depuis 1312 jusqu'au XIXe siècle ; Cossé Brissac en serait le dernier signataire, au terme d'une clandestinité historique fort confortable. Fabré-Palaprat succède à Ledru et tente d'installer une mainmise totale sur ce nouvel ordre du Temple. De nombreux « convents » vont se créer un peu partout dans le monde (Belgique, Angleterre, Brésil, Etats-Unis) dans une succession de schismes permanents, entretenus par quelques chevaliers frondeurs. Lorsque après la Révolution de 1830, Fabré-Palaprat entreprend de fonder, sur les bases de l'Ordre, une nouvelle religion, sorte de christianisme rationaliste de culte johannite, de nombreux Templiers vont démissionner. L'ordre originel sera restauré après la mort de Fabré-Palaprat, en 1838, et se maintiendra encore quelque temps sous la direction de sir William Sidney Smith. Différents « convents », belges portugais ou italiens, choisiront de perpétuer la tradition de Fabré-Palaprat, tradition qui, après la Seconde Guerre mondiale se maintiendra sous la forme de l'Ordre souverain et militaire du Temple de Jérusalem, très vivace en Belgique.
A la Belle Epoque, de nombreux occultistes revendiquent l'héritage du Temple. Joseph-Aymé Péladan, dit Joséphin Péladan, fonde la Rose-croix catholique du Temple et du Graal, prend le titre de Sâr et défraie la chronique mondaine parisienne en excommuniant Emile Zola !
En 1909, le jeune René Guénon, émule de Gérard Encausse, dit Jacques Papus, et de son Ecole Hermétique, fonde à son tour l'Ordre du Temple rénové. Papus reçoit, à la même période, la charte de fondation de l’Ordo Templi Orientis, d'un certain Theodor Reuss qui l'aurait détenue de Karl Kellner, adepte d'une prétendue magie sexuelle liée à une pseudo doctrine templière. On voit combien le néotemplarisme est prompt à produire ses propres certificats d'authenticité et de continuité historique, en multipliant les textes fondateurs et autres sources apocryphes.
Il faut maintenant se tourner vers l'histoire du néo rosicrucianisme et notamment de celle de l'ancien et Mystique ordre de la Rose-Croix ou AMORC, introduit en France dans les années 1930 par Hans Gruter. Aux origines de l'AMORC français, on trouve H. Spencer Lewis, fondateur de l'AMORC à New York en 1915 dans une filiation prétendue avec la société de la Rose-Croix. Lewis (1883-1939) a manifesté toute sa vie un intérêt particulier pour l'ordre médiéval du Temple. L'association belge de l'Ordre souverain et militaire du Temple de Jérusalem lui expédie d'ailleurs, en 1933, la charte de l'ordre qui tente d'expliciter les liens entre les chevaliers du Temple belge et les néo rosicruciens américains. Lewis crée un noyau chevaleresque templier au sein de l'AMORC et son fils, Ralph. M. Lewis, sur les traces de son père dans sa recherche fusionnelle entre les idéaux néo rosicruciens et les doctrines néo templières, accueille dans l'AMORC la Société d'études et de recherches templières.
C'est Raymond Bernard, dit Sâr Rosenkreutz, ésotériste, Grand Maître pour les pays de langue française puis légat suprême de l'AMORC, qui clôt cette perspective syncrétiste en fondant l'Ordre rénové du Temple, dont il sera le grand maître secret dans les années 1970, après avoir fréquenté la « résurgence » templière d'Arginy. Puis, en 1988, il fonde l'Ordre souverain du Temple initiatique, dont il confiera la grande maîtrise à Yves Chayet en 1997. L'intrication entre l'AMORC et les sociétés néo templières est une composante à part entière du phénomène français.
Jacques Breyer, après avoir survécu à la déportation - où il s'est lié d'amitié avec Robert Desnos - s'est engagé dans une quête initiatique qui est sans doute à l'origine des ordres néo templiers actuels. C'est lors de pratiques ésotériques dites théurgiques (tentatives de fusion avec le divin), au château médiéval d'Arginy, dans le Beaujolais, en 1951 et 1952, qu'il ressent une « présence templière » qui l'amène à promouvoir une renaissance de l'ordre templier médiéval. Le château d'Arginy, propriété dans les années 1950 du comte de Rosemont, à la réputation, fausse mais bien venue, d'avoir été le quartier général occulte de l'ordre du Temple originel. De mystérieux graffitis dans le donjon intriguent son propriétaire et l'incitent à en chercher une signification ésotérique ou occulte en s'adressant aux talents médiumniques de Jacques Breyer. Parmi le cercle de proches que Breyer réunit lors de son séjour à Arginy, on rencontre Jean Soucasse, fondateur de l'Ordre souverain du Temple solaire (OSTS). Jacques Breyer fera la connaissance de Luc Jouret et de Jo di Mambro, lors de conférences données pour la Fondation Golden Way en Suisse (voir plus loin).
Dans les années 1970, l'Ordre rénové du Temple, fondé par Raymond Bernard, recrute donc tout naturellement dans les rangs de l'AMORC. Il devient le premier ordre néo templier vraiment important, numériquement parlant et vraiment structuré, tant dans ses aspects matériels et pratiques que dans ses fondements ésotériques (près de 2 000 membres, une vingtaine de commanderies et maisons, un bulletin de liaison interne, Les Nouvelles Templières ). En 1972, Julien Origas, qui en est le grand maître après Raymond Bernard, doit terminer l'émancipation de l'Ordre d'avec l'AMORC. Cette émancipation est précipitée par le départ de Raymond Bernard, vraisemblablement à la demande expresse de Ralph Lewis, imperator de l'AMORC, qui le somme de clarifier sa position au sein des deux structures. Julien Origas, rosicrucien déjà présent dans la mouvance occulte réunie au château d'Arginy, a un passé personnel contestable. Il a été condamné par le tribunal de Rennes pour intelligence avec l'ennemi en 1948, puis amnistié en 1950. C'est sous Julien Origas que l'ORT essaime en de nombreuses sociétés secondaires, comme l'Ordre des veilleurs du Temple, la Fraternité johannite pour la résurgence templière, le Cercle du Temple et du Saint Graal ou l'Ordre des chevaliers du Temple du Christ et de Notre-Dame. Cette prise d'autonomie des mouvements néo templiers, d'abord d'avec la franc-maçonnerie, puis d'avec les Rose-Croix, coïncide grosso modo avec une véritable prolifération de la littérature néo templière commerciale qui va populariser le « bobard templier », selon l'heureuse expression d'Antoine Faivre.
Au début des années 1980, Julien Origas, invité lui aussi à donner des conférences à la Fondation Golden Way, à Genève, y rencontre Jo di Mambro et Luc Jouret. Tous deux intègrent alors l'ORT et décident de faire entrer l'Ordre dans « l'ère du Verseau » et d'adopter une perspective « new age ». Ce ne sera pas qu'une affaire de style. Leurs manoeuvres de sédition provoquent l'alarme et le désarroi des proches de Julien Origas. Lorsque Luc Jouret succède à son tour à Julien Origas, l'ORT vit en son sein des querelles fratricides d'où naîtra le bientôt tristement fameux Ordre chevaleresque international tradition solaire ou Ordre rénové du Temple tradition solaire (OTS). Quasi-secte au discours apocalyptique et dont les dérives criminelles pousseront de nombreux membres à se donner la mort ou à s'entre-tuer à plusieurs reprises : 48 personnes à Cherry (Fribourg) et aux Granges-de-Salvan (Valais) en octobre 1994, 16 personnes dans le Vercors en décembre 1995, et 5 nouvelles victimes au Québec en mars 1997. Aujourd'hui l'ORT, pourtant durement touché par les carnages de l'OTS, reste bien vivant et propose une option néo templière pacifique et syncrétiste qui répond au besoin de spiritualité de ses contemporains.
Qualifier indifféremment ces associations de sectes ne les définit pas mieux pour autant, pas plus que le vocable d'initié ou les différents grades qui structurent ces groupes ne peuvent rendre compte à eux seuls de la complexité d'un phénomène situé aux marges de l'expression religieuse traditionnelle.
L'héritage mythique et reconstruit de l'Ordre du Temple, souvent accompagné d'une relecture idéologique de l'Histoire, ne conduit pas inéluctablement à s'affubler de tenues vaguement chevaleresques et à finir par l'immolation suicide. Des médias trop avides de sensationnel ont pourtant validé cette idée. Les mouvements néo templiers sont d'abord des groupes religieux laïcs (hommes et femmes), dont certains ont d'ailleurs recherché une sorte de reconnaissance oecuménique auprès des Eglises constituées. Il faut admettre qu'ils puissent être le cadre de véritables démarches spirituelles, parfois initiatiques, en marge des réponses confessionnelles classiques et difficilement compréhensibles. Il ne faut pas oublier de préciser qu'ils sont aussi le lieu de querelles de pouvoir, la cible d'escroqueries pas seulement intellectuelles, l'endroit d'interprétations ou de désirs différents ; raisons bien humaines à l'origine de nombreux schismes, mises à l'index, refondations, successions plus ou moins orageuses et accidents qui ne doivent guère faciliter la perpétuation d'un message ésotérique supposé être transmis depuis le XIVe siècle !

Templier et Rose+Croix

Par Justificus le 10.01.2011
Templiers et rose-croix
Voilà plus d’un demi-siècle, le 24 novembre 1955 très exactement, paraissait le dix-septième livre de Robert Ambelain : Templiers et rose-croix. Documents pour servir à l’histoire de l’illuminisme (Adyar). Alors que l’auteur – bénie soit sa mémoire – a rejoint l’autre monde le 27 mai 1997, ce m’est un honneur et une joie de présenter aujourd’hui, grâce à la complicité et à la générosité de Liliane et d’Ariane Douguet, ses fille et petite-fille, cette seconde édition (Signatura 2010) de l’ouvrage, épuisé depuis des décennies et tant recherché des amateurs.
Depuis 1955, que de chemin parcouru par Robert Ambelain et ses émules ; que de découvertes aussi par les historiens de l’illuminisme, voire par l’auteur lui-même. D’emblée - disons-le en toute simplicité et dans l’amour de tant d’objets communs - s’impose donc une mise en garde : s’agissant de la Stricte Observance, de l’Ordre de la Rose-Croix, ou de l’Ordre des élus coëns auxquels ce livre est en grande partie consacré, sur le plan des événements et de l’histoire, les découvertes de ces dernières décennies infirment les hypothèses les plus audacieuses de l’auteur. Rien que de plus normal en plus de cinquante ans qui ont vu naître véritablement l’historiographie des sociétés initiatiques. Si Templiers et rose-croix se trouvent aujourd’hui surannés quant à l’histoire de l’illuminisme, Robert Ambelain lui-même, du reste, y a largement contribué.
Ainsi, point de Stricte Observance avant le deuxième tiers du XVIIIe siècle ; point de filiation « templière » autre que des filiations de désir, dont la respectabilité et l’authenticité se jugent à leur conformité à l’idéal, à l’esprit, ou encore à la forme de l’Ordre médiéval qu’elles prétendent réincarner. La Rose-Croix elle-même, Paul Arnold l’a démontré alors que sortait des presses l’ouvrage de Robert Ambelain – qui n’a donc pu en prendre connaissance - et d’autres, après-lui, sont venus confirmer ses travaux, ne remonte pas plus à Agrippa qu’à ses épigones, mais bien au début du XVIIe siècle. Enfin, point de filiation, point même d’idéal templier chez Martines de Pasqually.
Ainsi, Templiers et rose-croix prend aujourd’hui une tout autre valeur documentaire. Au vrai, c’est un document pour servir à l’histoire de l’occultisme au XXe siècle, où Robert Ambelain, on le sait, s’est illustré à plus d’un titre. C’est aussi un document pour servir à une réflexion qui dépasse le cadre strict de l’historiographie. Homme de désir selon l’expression du prophète Daniel, si chère à Martines de Pasqually et à Saint-Martin, et après eux aux occultistes de la Belle époque, comme aux occultistes de son temps, Robert Ambelain pense, parle, écrit, vit en homme de désir, qui nous invite à une autre approche de l’histoire, d’une histoire occulte. Son œuvre tout entier en témoigne et ce livre-là ne fait pas exception, qui nous tend aussi les clefs d’une analyse transhistorique, voire historiosophique.
Enfin, Templiers et rose-croix nous offrent aussi, et même avant tout, un témoignage. Et, pour qui s’intéresse à l’occultisme de la seconde moitié du XXe siècle, c’est peut-être là l’essentiel de ce livre, désormais accessible à de nouveaux lecteurs. La carrière de Robert Ambelain est atypique, qui justifie aussi quelques lignes sur l’auteur, à la charnière des amis de Papus et d’une troisième génération de Compagnons de la Hiérophanie, qui lui doit beaucoup. Courageux jusqu’à l’inconscience, lorsqu’il s’est agi de braver l’autorité nazie en maintenant et en réveillant dans la clandestinité des sociétés mystérieuses pourchassées, Robert Ambelain résista à toutes les tyrannies et il ne fut jamais non plus l’homme d’un clan ou d’une école, fut-elle initiatique, même celles qu’il a dirigées. Homme d’une quête spirituelle permanente, chez lui indissociable de la pratique de maintes sciences occultes, travailleur infatigable, qui ne trichait pas plus avec les hommes qu’avec lui-même, il fut dans tous les sens du mot et sur tous les plans un guerrier. La liberté, partout et toujours a guidé ses pas, liberté d’action et de ton d’un personnage entier, mais complexe, en quête de la science, qui avait tiré sa devise de cette méditation de Descartes : « il faut remettre toute chose en doute une fois au moins dans sa vie ». Tel était sa vie, son chemin, telle fut son œuvre où les contradictions que d’aucuns se plaisent à relever, parce qu’ils ne l’ont pas toujours compris, ne sont que les stations du cheminement d’un homme libre, toujours prêt à revenir sur ses acquis antérieurs et à tirer les conséquences de nouvelles trouvailles, jusqu’à abandonner parfois les plus hautes charges que la Providence lui avait confiées.
Voilà qui justifiait amplement la présente réédition, dans le respect et la lucidité. Sous ma signature, quelques pages liminaires rappellent le contexte et les circonstances de l’édition de 1955, tout en marquant le progrès de la recherche. Mais que d’énigmes persistantes aussi, qui tantôt relèvent de l’histoire et tantôt lui échappent par nature ! Des énigmes aussi sur Robert Ambelain lui-même, qui, à l’instar des initiés du siècle des Lumières, est entré à son tour dans l’histoire de l’occultisme et des sociétés initiatiques, où le faux mystère que d’aucuns se plaisent si souvent à fabriquer cache souvent le vrai mot de l’énigme.
Serge Caillet

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