Affronter sa solitude - Mireille, Je suis extrêmement touché par le sujet que tu abordes et la façon dont tu le fais, en nous y sensibilisant avec ta compassion et un brin

 

Infos pratiques


tl4
Retour au forum     Retour au message père     Retour au message père

Ce message est archivé, vous ne pouvez donc pas y répondre

Affronter sa solitude

Rédigé par Guillaume
Posté le jeudi 23.09.04 à 20h07
Message n° 20441

Mireille,

Je suis extrêmement touché par le sujet que tu abordes et la façon dont tu le fais, en nous y sensibilisant avec ta compassion et un brin d'alarme.

De toutes les solitudes, celle que je connais le mieux, celle que j'expérimente encore, est celle de l'étranger en terre d'exil. Cette solitude qu'on ne comprend pas bien. Et pourtant combien sont-ils parmi nous? Ceux qu'on appelle immigrants, quand ce n'est pas carrément par des noms méprisants... Ceux-là savent très bien pourtant, ce que d'autres ignorent complètement : la douleur de se sentir déraciné, coupé de son passé, de ses sources, de ses proches, quand ces souvenirs ne sont pas accompagnées d'autres plus graves encore.

La solitude de l'étranger, quand elle est subie, est souvent amère.
Comment peuvent-ils créer des liens avec des gens qui semblent si peu s'intéresser à eux ? Comment faire le pont entre les cultures ?
Ceux qui y parviennent vivent avec sérénité leur nostalgie et la communique. Ils invitent au partage.

J'ai découvert qu'il y avait des groupes, des clubs, qui ne sont pas uniquement des havres où sont repêchées les âmes errantes, mais de véritables associations vivantes et communicantes d'êtres radieux qui ne manquent pas de toucher les rares non étrangers à s'aventurer à leurs réunions. On y rencontre des gens qui, parce que justement ils ont cherché à vaincre la léthargie de la solitude ont trouvé ce que peu trouvent en ce monde : l'importance primordiale de l'Amour.

Et s'ils ont tant à se plaindre de nos sociétés occidentales, c'est que justement l'amour y fait trop souvent défaut : l'amour jovial, l'amour-sympathie, l'amour-ouverture, l'amour-partage, l'amour-compréhension... Car aucun de ses sentiments n'existe en soi, sans amour. Et comment peut-on prétendre à l'amour inconditionnel, à la réelle empathie (apanage des sages) sans avoir même été au bout de l'expérience de l'amour humainement vécu.

Dans ma petite expérience d'exilé, je vis une certaine solitude, que je prends soin d'apprécier de plus en plus. Ici, c'est-à-dire loin de mes origines, j'ai une nouvelle peau, un manteau de moi qui s'est adapté à cette société qui m'a ouvert ses portes. Car voilà : c'est comme si je me découvrait caméléon, comprenant ainsi que ce que je montre, mon image, mes couleurs, ne sont qu'une part de moi. L'autre étant bien enfouie et résonnant sur d'autres musiques...
Comment ne pas le sentir alors qu'à chaque matin j'entre à nouveau dans la peau de celui qui se fait un peu le miroir des autres et que le soir, dans ma solitude, l'autre part de moi me relance dans des méditations que je n'arrive pas trop à partager avec mon entourage.

Je me disais donc, en rentrant chez moi ce soir (tout en rentrant « en moi »), que la solitude devait être transcendée. Quelle faisait partie de nos vie justement pour que nous y fassions face et apprenions à l'amadouer, à l'intégrer à nos vie pour ce qu'elle est. La solitude s'impose à nous comme la manifestation de l'isolement temporaire dû à l'émergence de notre individualité. L'individualité, oui, mais pas cet égoïsme dont notre société dite « individualiste » s'est fait le reflet. Si l'individu, dans sa personnalité, doit s'accepter comme tel, comme unique et personnel, il doit apprendre à aimer ce qu'il est pour arriver à vivre sainement son isolement. En découvrant la part de divin en lui, l'homme ne peut manquer de s'aimer. Il lui faut ouvrir cette porte intérieure, accepter que sa solitude en est une de communion personnelle (en développement) avec Dieu. Puis après l'avoir transcendée, et afin de ne pas chercher à s'évader du réel dans une solitude-liberté qu'on garderait jalousement pour soi, accepter de la trahir, comme dit Moustaki, « pour une prison d'amour et sa belle geôlière... ». Là, véritablement, la solitude est partagée d'une façon complice : on est « seul à seul » avec l'autre, l'Amour étant le ciment.

Il faut absolument entendre les appels au secours, tenter de comprendre celui qui est isolé et qui, par manque d'amour autour de lui, vit une solitude bien amère. Dans sa détresse, il est tend la main et l'oreille. Si nous sommes son dernier espoir, ayons les mots qu'il faut pour le rassurer. Entourons-le de notre amour pour qu'il reprenne son assurance et se hisse avec nous à la cime des arbres où le soleil brille jusqu'à l'horizon. C'est en voyant son être tel qu'il apparaît dans la lumière qu'il pourra commencer à se comprendre et affronter sa solitude pour ce qu'elle est vraiment.

Je souhaite de tout mon coeur la lumière qui guide à ceux qui appellent dans le noir.

Guillaume


Plan du site · Recommander ce site
Tous droits de reproduction réservés (c) 2011
Tous les textes · Toutes les questions · Tous les avis · Toutes les lectures · 
spiritisme esprits spiritualite