Le bien et le mal... - Bonsoir à toutes et à tous, en lisant les derniers posts, j'ai un peu l'impression qu'on tourne toujours autour du bien et du mal. Ou avec les dérivés

 

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Le bien et le mal...

Rédigé par Eiffel
Posté le mercredi 02.05.07 à 22h25
Message n° 32496

Bonsoir à toutes et à tous,

en lisant les derniers posts, j'ai un peu l'impression qu'on tourne toujours autour du bien et du mal. Ou avec les dérivés indirects façon "il faut" (sous-entendu sinon c'est mal).

Genre :
- réussir sa vie c'est faire ci ou ça (il faut)
- suivre la voie vertueuse (c'est bien)
- on doit faire preuve de compassion (il faut)
- ni la peur ni la colère ne doivent guider nos actes (ça serait mal)
- l'amour illumine nos vies (c'est bien)
- on ne doit pas juger les autres (c'est mal)
- évitons l'orgueil à tout prix (il faut)
- faîtes le bien (c'est bien)
- croyez en ci, en ça, ou même croyez en vous (il faut)
et j'en passe.

personnellement, mais ça n'engage que moi, il me semble que ces questions ne concernent pas la spiritualité, mais bien plus un système manichéen qui tient essentiellement du religieux. Et encore, pas du religieux au sens noble du terme. C'est en effet toute la différence entre celui qui dit présomptueusement "Dieu existe" et celui qui dit simplement "je crois en Dieu"... Le second assume sa subjectivité, quoi, il est honnête envers lui-même. Alors que le premier a potentiellement de la graine d'intégriste.

d'ailleurs, le bien et le mal, d'où ça sort ? Du fait qu'un jour un individu autoritaire et qui aimait ci ou n'aimait pas ça a voulu imposer son point de vue aux autres, en disant "ça c'est bien", et "ça c'est mal". A la base, donc, un "j'aime" / "j'aime pas", parfaitement subjectif, et qui a pris de l'ampleur.

puis, au plus les sociétés se sont agrégées, et au plus l'outil a servi. On sait tous que les grandes religions sont toutes passé dans leur existance par une phase despotique...

mais en soi, à part le bon vouloir du "législateur", le bien et mal, ça ne repose sur rien... Nos valeurs sont essentiellement culturelles et on sait qu'en changeant de lieu ou d'époque on peut trouver des valeurs diamétralement opposées, et que cela continuera at vitam...

autrement dit, imaginer que "le bien" existe dans l'absolu tient de la pure croyance, est totalement irrationnel, et ne passe pas un seul instant le cap de l'analyse la plus élémentaire.

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mis alors du coup, tout s'effondre ! :p


"Voler c'est mal" n'a plus aucun sens. Et il est clair que ça n'a aucun sens. Pour autant, le vol est interdit par la legislation, donc quelque chose de local géograhiquement et temporellement. Rien d'absolu, quoi.

les "il faut" deviennent caduques. Ce n'est pas "il faut" respecter la loi, mais "si on ne la respecte pas des sanctions existent". Là on peut choisir en connaissance de cause.

allez vers le bien, c'est allez vers rien, ce qui limite un peu...

suivre la voie ne veut tout simplement plus rien dire du tout, à part s'endoctriner.

croire en soi revient à culpabiliser parcequ'on n'y arrive pas.

réussir sa vie ou la rater, pareil, ça n'a aucun sens en soi, c'est au mieux un ressenti du moment.

"vouloir être heureux" revient à se cacher derrière les mots (puisque si on le voulait vraiment, on le serait).

de devoir faire tout son possible pour être dans l'amour n'est plus qu'un simple outil de négation de soi, puisqu'un simple rejet de quand on ne l'est pas

et la compassion, là, j'en parle même pas ! :-))

dire que c'est mal de juger c'est déjà un jugement en soi.

La peur ou la colère peuvent être très bénéfiques dans certains cas, il serait absurde (ou tout du moins illogique) de se les interdire.

L'égo peut être un merveilleux moteur d'abnégation, un levier à savoir manier et canaliser, mais ce serait vraiment gâcher que de vouloir le nier ou le résorber.

et même des "ne touche pas c'est sale" démontrent leur abhération interne. Si on est un peu plus honnête et objectif on dit "tu vas avoir les mains toutes grasses mon chéri, et tu vas faire des taches partout, et donc ça embètera beaucoup Maman qui, baignant dans la culpabilité, s'impose de tenir sa maison bien propre...". On conçoit que "c'est sale", sorte de "c'est mal" déguisé, est à la fois plus rapide et surtout beaucoup plus confortable... :p

et alors quant aux parti-pris politiques ! ... ... ... :-))

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le fait est que si je m'interdis la colère, alors je la "refoule", terme psychanalytique, c'est à dire que je la stoque dans mon inconscient. Et ensuite, à mon insu, puisqu'inconscient justement, cette colère ressortira quand même. Autrement dit, on n'est jamais moral, on ne fait que s'illusionner qu'on l'est, et ceci en fermant sa conscience.

polariser en bien ou mal, ou en mieux et moins bien, c'est donc diminuer sa conscience, et s'aveugler sur ce que l'on fait et qui l'on est.

et naturellement c'est aussi auto-endiguer sa propre liberté, en cohérence avec les faits que la grande majorité de nos barrières nous nous les imposons nous-mêmes.

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on en arrive alors, par un raisonnement des plus simples, à des paradoxes très sympas, du style :
- vouloir réussir sa vie c'est s'acheter à coup sûr le fait de la rater.
- vouloir faire fructufier l'amour et supprimer la colère aura pour effet d'être malheureux et de rendre malheureux.
- vouloir être libre est la manière la plus sûre de ne jamais l'être.
- faire le bien c'est se mentir en permanence.
- lutter contre un problème c'est le faire perdurer à coup sûr.
- s'interdire de juger c'est se juger et juger les autres à chaque instant.
- refuser de souffrir est la façon la plus efficace qui soit pour souffrir en permanence.
Etc. etc. etc.

ah, ça, l'inconscient est joueur, et même très joueur ! :-))

du coup, on serait tenté de se demander "mais alors quoi faire" ? Mais dés l'instant où l'on pose cette question, on replonge déjà dans le même récurant problème. La seule réponse pertinante est donc de ne plus se demander quoi faire, mais simplement de faire et de s'observer faire. Toute autre "méthode" colorera en bien et mal et sera donc un frein à la conscience et à la liberté.

sur ce, je vous souhaite une - "bonne" ? - journée
Eiffel, poseur de bombes intellectuelles :-))

ps: "bonne", il semble que le "bien" ne soit pas loin :p



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