Quelques pensées sur le sujet - Pour moi, ne pas être d'accord, c'est considérer que sa vision des choses n'est pas compatible avec la vision d'une autre personne. On parle de vision des choses, car

 

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Quelques pensées sur le sujet

Rédigé par Waxounet
Posté le mercredi 23.02.05 à 16h25
Message n° 23043

Pour moi, ne pas être d'accord, c'est considérer que sa vision des choses n'est pas compatible avec la vision d'une autre personne.
On parle de vision des choses, car seules les visions des choses peuvent différer, les "choses" étant ce qu'elles Sont.
Pourquoi nos "visions" diffèrent elles? Vécu, polymorphisme biologique, et état psycho émotionel du moment font varier notre manière de considérer la carte mentale que l'on a construite du monde (=vision des choses). La conception du monde varie aussi selon les intérêts qui sont considérés comme des axes de modélisation, elle permet de dégager d'autres intérêts secondaires autour de ces intérêts piliers.
Ce qui est important à réaliser, c'est que tout ce qui n'est pas observable par nos sens, ou qui n'a aucun rapport avec nos intérêts actuels échappe à notre vision mentale. L'exemple typique chez mes amis est l'appropriation d'un style musical pour des intérêts divers, ce qui conduit à ne plus prêter attention aux autres styles considérés comme concurents.
Mais pourquoi construisons nous une carte du réel plutot que de s'en tenir à la réalité du présent?
J'émets l'hypothèse que cette carte n'est qu'un instrument pour nous permettre de trouver le plus d'intérêts possible dans notre vie car Il est dur de "survivre" socialement sans percevoir ces intérêts. Et une carte est toujours dessinée dans un intérêt: l'orientation.
Le problème, c'est qu'on a tendance à notre niveau de complexité à faire des cartes des cartes. Nous nous connectons de plus en plus rarement à la réalité car plus nous la jugeons, et plus nous la considérons comme hostile.
Au niveau "animal", les intérêts et du coup la vision des choses sont quasiment limités qu'aux instincts: tout le monde est d'accord, mais c'est quand même la loi du plus fort.
Chez l'homme, la "vision des choses" permet de se trouver une arborescence d' intérêts beaucoup plus complexes: avoir de bonnes notes à l'école, s'entendre avec quelqu'un ou l'aider, se faire aimer, acheter une voiture de sport, faire souffrir une personne parcequ'elle nous fait souffrir, ne pas prêter attention a ce qu'on nous dit pour ne pas être perturbé etc...
Le tronc de ces arborescences d'intérêts est l'instinct de survie animal de notre "vieux cerveau", puis trois branches principales se dégagent: sécurité, sensation, pouvoir avec une infinités de branches secondaires.
Remarquez que Les instincts étant à l'origine des branches des intérêts créées de par notre conception du monde, dans les cas extremes, lorsqu'une personne n'est pas d'accord avec nous, celà peut nous mettre sur la défensive comme si notre intégrité physique était en danger.
La plupart du temps, ce sera seulement une tension mentale, une très légère impression d'être menacé, souvent liée à nos intérêts de sécurité. Avoir raison est important instinctivement car celà prouve une vision des choses supérieurement exacte ce qui est meilleur pour la survie. Dans certains cas le pouvoir intervient aussi, surtout en politique. Au final, la sensation intervient dans la mesure ou vous préférez la satisfaction d'avoir raison que celle d'avoir tort.
Je ne veux pas faire du néo darwinisme mais notre cerveau n'est pas là par hasard. Nous ne l'avons pas construit nous même, et sa raison d'être est principalement une question de survie, comme tous nos organes.
D'autre part les perception sensorielles et visions mentales (individuelles ou confrontées) étant déjà très variables, et la réalité étant unique, on comprendra la vision qu'on a des choses n'a pas étée conçue dans un but d' observation impartiale (et exacte) mais dans le but de chercher à adapter les choses à nos intérêts en se les appropriant ce qui est perçu comme crucial instinctivement.
Ce qui pourrait expliquer pourquoi nous considérons le désaccord comme négatif émotionellement, alors qu'il n'implique rien de réel.
D'un autre coté, si les instincts (qui ne sont plus d'actualité niveau adaptation à la société) n'étaient pas automatiquement connectés à notre façon d'interpréter le monde, on se rendrait compte que le désaccord bien vécu peut finalement être une opportunité interessée (!) qui nous permet soit de confirmer notre vision en la partageant, soit de la réctifier, et parfois même de l'étendre. (agree to disagree)
Au delà des intérêts, les "choses" sont réelles mais leur vision n'est pas importante en rapport si ce n'est qu'elle coupe notre connection au réel si on y accorde trop d'importance. Défendre ce qui nous coupe du réel est bien représentatif de la bêtise humaine.
Si nous nous contentions de vivre dans le réel, je suis sûr que nous serions tous d'accord car encore une fois, la réalité est la même pour nous tous, quelque soit la manière dont nous la voyons et la vigueur avec laquelle nous défendons cette vision.
Pour finir, je suppose je tout est histoire de "tolérance mentale". On adore une musique parceque notre mental l'a assez tolérée pour nous laisser nous y connecter sans essayer de la cartographier (ce qui est de plus en plus rare avec l'age puisqu'on a de plus en plus d'intérêts-pilier pour la modélisation), on tombe amoureux parceque pour une raison x ou y, notre mental a bien voulu nous laisser voir la personne sans la disséquer et nous on peut s'y connecter directement.
Il faut donc passer par un stade purement physique pour accéder à la tolérance du mental des autres: être gentil, non menaçant, agréable physiquement, calme, bienveillant.
POur répondre à can we agree to disagree (quand même), je répondrais que oui si la tolérance mentale n'est pas assez grande pour aller plus loin car ne pas être d'accord n'implique rien d'autre qu'une incompatibilité de vision.
Mais après, je suis intimement persuadé qu'avant cette vision, la sensation d'origine est la même pour tout le monde. Et avec de l'ouverture, on se rend souvent compte que les vision ne sont pas contradictoires car finalement pas comparables (sauf erreur de perception flagrante).
Je termine sur la fable du roi face de miroir que je tire du livre "Moi, Bouddha" qui illustre bien tout ce charabia que je viens d'écrire:
Un roi demanda a des aveugles de naissance s'ils savaient comment était un éléphant. Comme ils ne savaient pas, il fit apporter un pachyderme et leur demanda de le toucher dans le but de le décrire par la suite. Un premier aveugle prit la trompe, un autre une patte, un autre une défense, etc...
Quand le roi leur demanda de décrire l'animal, il obtint autant de description différentes qu'il y avait d'aveugle tant et si bien qu'ils en vinrent à se quereller s'accusant mutellement d'avoir tort."Qui croit embrasser toute la vérité n'en perçoit souvent qu'un des aspects"
Nous ne sommes pas aveugles mais nos sens sont très limités. Nous perçevons un faible écart de longueur d'ondes composant les couleurs alors que l'étendue du spectre electro magnétique est infini, notre mémoire est limitée, notre audition aussi. Nous n'avons que 5 sens, nous pourrions probablement en avoir d'autres. En fait il n'y a pas beaucoup de différence entres des aveugles de naissance et nous, sauf que pour nous, le fait que nos sens soient limités n'est pas considéré comme un handicap.
A un niveau plus "gramatical" on peut dire qu' Etre d'accord sur le fait de ne pas être d'accord veut dire que la vision qu'on a du désaccord est compatible. Bien ou mal? Tout dépend de cette vision. On peut être d'accord sur le fait que lorsqu'on est pas d'accord on doit se tapper dessus pour voir qui a raison et c'est souvent ce qu'il se passe quand on croit que la réaction est une force... mais a ce que j'ai lu vous êtes tous d'accord sur la stupidité d'une telle attitude ce pourquoi je n'en parle pas.
En espérant avoir réussi à partager une partie de ma "vision des choses" :)
ps: j'ai envie de donner mon avis sur la question "jusqu'ou peut on aller dans la tolérance" (je sais pas si c une question ouverte) je vais faire court: on peut choisir de se sentir menacé par une chose, et de REAGIR à cette menace. Ou on peut choisir de porter attention à cette chose en s'en détachant, et d'AGIR si celà a une utilité autre que de dissiper sa tension personelle (qui dans le cas du détachement n'existe pas). Ou est la tolérance là dedans? elle est dans l'attention qu'on porte à la chose en question. Elle ne devrait pas avoir de limite. La réaction met-elle fin à la tolérance? Certainement. Mais qu'en est-il de l'action? Encore une autre question...
Pour illustrer celà, un exemple dans bowling for Columbine: on pose la question à Marilyn Manson qu'on a blamé pour les meutres à cause du fait que les meurtriers écoutaient sa musique: "qu'auriez vous dit à ces enfants si vous aviez pu leur parler?" Au lieu de considérer qu'il avait quelquechose d'intelligent à leur dire, il a répondu qu'il les aurait déjà écouté, ce qu'apparemment personne n'a fait. J'ai trouvé ça intéressant.

Merci à ceux qui ont eu le courage de me lire j'espère qu'ils n'ont pas perdu leur temps ˆˆ


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 Nous voulons... par Capella le 23.02.05 à 17h09

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