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Evolution de la tolérance

Texte publié le 06 janvier 2015 proposé par Gilles
La tolérance ne serait qu'un voeu pieu, un mot vide de sens s'il ne reposait que sur l'idée que chacun s'en fait.
Discourir sur un mot générique tel que celui-là est à la portée de tous et chaque individu se déclarera tolérant, car ne pas l'être dans les paroles relèverai du suicide social.
Dans le même ordre d'idées : Cet homme aime les enfants, il ne peut pas être totalement mauvais.
Si, il peut l'être, tout dépend où cela démarre. Les films de propagande montrant Hitler caressant son chien et jouant avec des enfants projettent une image et rien d'autre.
Le mot « tolérance »recoupe tellement de réalités différentes qu'il peut être intéressant de le replacer dans les différents contextes : historiques, géographiques et culturels.
Aujourd'hui, en 2004, en France, nous avons une idée assez précise de ce qui est tolérable de qui ne l'est pas. Les grands principes ont été édictés dans la Déclaration des droits de l'homme, reprise par l'ONU. Ils ont valeur de principes, applicables par tous et pour tous.
Personne ne les conteste, dans leur esprit, personne ne nie leur valeur civilisatrice. Il y a plus de 200 pays membres des Nations unies, tous sous la même bannière, dans un grand élan de générosité après les horreurs de la deuxième guerre mondiale : Plus jamais ça !
Qu'en reste-t-il plus d'un demi-siècle plus tard ?
La tolérance proclamée par tous n'est appliquée que dans une minorité de pays –voir le rapport annuel d'Amnesty International- dont nous ne faisons pas partie.
Nous tolérons cela, le mot est juste, nous le tolérons parce que nous y sommes habitués, habitués à trouver toutes les justifications possibles au viol de cette tolérance, au nom de ces mêmes valeurs qui ont donné naissance à notre civilisation.
Quelle contradiction !
Ce mot se vide de sa substance dès lors que nous acceptons, pour notre confort, que soient violés les principes mêmes qui ont fait que là où nous habitons, nous pouvons disserter sans risques desdits principes. Je ne suis pas certain que la tolérance nous habiterait autant si nos conditions de vie étaient remises en question. Notre niveau de vie actuel repose sur une exploitation des richesses de la planète, nous n'avons rien connu d'autre. Serions nous aussi tolérants avec nos semblables si nous devions partager cette richesse, en un mot, baisser d'un cran nos besoins, simplement pour donner à manger à tous ces gens qui regardent.
Sont-ils tolérants ? En ont-ils les moyens ?
Les grands principes énoncés au 18è siècle l'ont été pour libérer des peuples asservis, des peuples qui, littéralement, mouraient de faim. Ces grands principes ont été suivis d'actes politiques forts, de révolutions, intolérantes par nature. Avaient-ils le choix ?
Ne soyons pas angéliques, la tolérance a ses limites.
Où sont-elles ?
Individuellement, le respect d'autrui au quotidien peut remplir cette fonction.
Collectivement, la responsabilité va plus loin : Sur le fond, nous acceptons la parole de l'autre, tant qu'elle ne remet pas en cause notre liberté, au-delà, nous la combattons, nous ne sommes plus tolérants, nous sommes combattants, c'est un devoir : La liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres. Et après ?
Quand redécouvrons-nous la tolérance ?
Quand avons-nous vaincu celui qui nous menaçait ?
Quand l'avons nous convaincu qu'il faisait fausse route ?
Je pose la question, je n'ai pas la réponse.
La tolérance est un combat permanent.
Paradoxalement, c'est un combat où la seule arme est l'écoute.
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