-

 
tl4
icone

Le pardon

Texte publié le 12 février 2014 proposé par Honora
LE PARDON
Qui ne s'est interrogé sur ses capacités à pardonner un acte infâme, un crime, un viol ? Dans une telle hypothèse, plusieurs cas de figure se présentent : L'actualité nous fait découvrir un tel acte et par conséquent - la victime nous est inconnue, - un être proche est la victime, - nous sommes personnellement victime rescapée.
Le plus souvent, dans ces trois propositions, la réaction spontanée est la révolte, l'anathème contre les responsables. Il n'y a jamais d'excuse à la violence d'autant, qu'aggravant le crime, les victimes sont généralement des êtres faibles et sans défense. Notre intransigeance est alors à la hauteur de notre peur subjective.
En effet, alors que nous ne sommes pas toujours directement concernés et pour cette raison justement, nous imaginons inconsciemment, par un principe de projection mentale, être soi-même la victime. Nous ressentons l'effroi, la souffrance, l'impuissance, l'injustice de la situation que nous imaginons être celle ressentie par la victime et le pardon est alors difficile, voire insupportable à concevoir.
Pourtant, parfois nous voyons des parents, des époux, des amis, effondrés après un acte terrible subi par leur proche ou pire encore par leur enfant, dire : « J'ai pardonné à son bourreau, son assassin ». C'est une réaction assez exceptionnelle mais la véritable sagesse l'est aussi. Peut-être est-il nécessaire d'atteindre le pire pour y parvenir
Pour le commun des mortels que nous sommes, comment pardonner ? La philosophie et la spiritualité donnent quelques réponses admirables qui pour autant, sont rarement convaincantes à ceux qui n'ont pas vécu l'horreur. Je ne peux parler qu'en mon nom car il serait présomptueux de généraliser. J'écoute avec respect et admiration, presque avec incrédulité, de tels propos.
Alors j'essaie de m'interroger sur les bourreaux, j'essaie de comprendre ce qui nous différencie de ces individus. Serions-nous capables de brandir un couteau pour réduire à l'impuissance une victime afin de la dépouiller, de dénoncer un voisin innocent par cupidité, de torturer cet autre et jouir de ses souffrances pour le plaisir de dominer, inventer un piège mortel pour ôter spectaculairement la vie à des dizaines d'innocents. C'est heureusement inconcevable pour une majorité d'individus.
Mais quels sont ces êtres, eux, qui peuvent agresser, torturer, tuer leurs semblables.
Essayons de dresser une liste malheureusement non exhaustive des cas que l'on peut facilement répertorier de ceux qui depuis la nuit des temps commettent de semblables exactions :
Les fanatiques religieux
Les malades mentaux agressifs parmi lesquels :
- Les pervers sexuels
- Les drogués
Les assassins, les meurtriers, les tueurs à gages ne peuvent à mes yeux n'être que des malades mentaux. Ils sont malades psychiquement, physiquement, moralement.
On peut ajouter, aujourd'hui, ces adolescents, ces enfants même, toujours plus nombreux, dont la violence fait frémir. Certains tueront pour quelques euros, un portable, violeront sous l'effet de la drogue ou de pulsions incontrôlées dans un désir de puissance et de reconnaissance parce que non seulement personne ne leur a appris le respect de la vie mais ils sont souvent bafoués, rejetés, abrutis par la drogue.
Les fanatiques, de toutes obédiences, manipulés par des guides avides de puissance, d'orgueil et d'argent, ont de tous temps commis les pires crimes au nom de leur dieu et c'est volontairement que je ne mets pas de majuscule à dieu car ces êtres souvent incultes et misérables sont égarés par des manipulateurs et pour moi, DIEU n'a rien à voir avec leurs guides.
Pour les malades mentaux, je crois que la société, Française en tout cas, considère qu'il est moins coûteux de les laisser divaguer au gré de leurs pulsions plutôt que de construire des lieux d'accueil dignes de ce noms afin de les prendre en charge et de leur apporter l'aide dont ils ont besoin, laissant l'environnement des victimes assumer seules les dégâts psychologiques et le coût financier.
Pour les enfants, le phénomène est-il aussi nouveau qu'il y parait -rappelons-nous la cour des miracles-. Qui sont-ils ? livrés à eux-mêmes, à l'ignorance, au seuil de la pauvreté, exploités aussi le plus souvent, complètement déstructurés, abandonnés par la société, par des parents dépassés, mais manipulés, dans un environnement tentateur et consumériste qui étale toujours plus de biens inaccessibles honnêtement, avides de jouissance immédiate, oubliant toute humanité. C'est la loi du plus fort, la loi de la jungle : tuer pour ne pas être tué ! La misère, l'ignorance et la violence et la Peur cousinent aisément.
Nous avons vu disparaitre au fil du temps les asiles d'aliénés, les maisons dites de redressement, le bagne et la peine de mort. C'est heureux car la société, plus souvent injuste et impitoyable que salvatrice, ne se donnait pas les moyens d'accomplir cette tâche avec sérénité, compassion et justice. Les dérives et les abus étaient nombreux et provoquait plus de délinquance que d'ordre et de soins. Rien depuis n'a été mis en place pour faire face aux dérèglements de notre société en déshérence.
Le pardon est salvateur. Il n'est pas synonymes de renoncement ni d'oubli mais d'acceptation, de dépassement de soi. Le bourreau devrait bien entendu, assumer ses fautes et être sanctionné ici-bas ou pris efficacement en charge car nous ne pouvons pas nous substituer à la justice. Celle-ci devrait être là pour en répondre et mettre ces individus hors d'état de nuire, c'est rarement le cas.
Selon moi, dans ces odieuses affaires criminelles, les raisons qui rendent le pardon si difficile découlent de cette carence de l'état et de la confusion entre « pardon et punition ». L'un n'exclut pas l'autre. Nous devrions pardonner, la justice devrait sanctionner. Faute de pardon, nous nous condamnons nous-même à la double peine car restant dans la colère, la haine et la peur de l'autre, nous demeurons éternellement en souffrance ; en cela la véritable spiritualité est une aide précieuse pour certains, car elle peut mettre du baume sur les plaies, voire au-delà même transcender l'individu.
Car nous sommes toujours seuls face à nos tragédies. Nous nous choisissons des chefs dans l'espoir de nous décharger de nos problèmes. C'est une utopie. Nous sommes seuls responsables de nos vies et de notre progéniture. L'état, même démocratique, est aussi impuissant qu'indifférent. L'individu devrait apprendre à devenir un être respectable par l'exemple de ses ainés. Encore faut-il avoir des ainés référents. Pardonner est notre seule voie.
Devant l'horreur et le désespoir, certains choisissent l'idée de la vengeance. C'est une réaction sans doute aussi concevable que le pardon, je n'en sais rien, je ne suis pas juge. Personnellement, j'en suis arrivée aujourd'hui à choisir le pardon, qui n'exclut nullement la punition par la Justice afin de mettre le coupable hors d'état de nuire et si la loi le permettait, je serais même pour la peine de mort, ce qui n'est pas incompatible avec mon idée du pardon, tant que l'état ne se donnera pas les moyens de neutraliser humainement ces monstres, malades ou non, non par vengeance mais par devoir de protection. Le pardon libère le coeur et l'âme, la vengeance culpabilise, met au niveau du coupable et empoisonne le coeur pour le restant de la vie.
Dans notre vie quotidienne, n'oublions pas qu'à un niveau différent, moins dramatiques, les mots sont parfois meurtriers, notre égo manque d'indulgence. Ils engendrent parfois la colère, l'envie de revanche, et même le désir de vengeance. Notre mental forge nos souffrances morales et même parfois physiques. Le pardon n'est ni faiblesse, ni mièvrerie. C'est au contraire une force dont on ressort grandis mais aussi libérés, c'est un pas vers le bonheur, la plénitude et la sagesse.
Plan du site · Recommander ce site
Tous droits de reproduction réservés (c) 2011
Tous les textes · Toutes les questions · Tous les avis · Toutes les lectures · 
spiritisme esprits spiritualite