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Le passage

Texte publié le 12 décembre 2006 proposé par Babylin
Il y a déjà quelques années, alors que j'étais tout juste étudiante, j'ai traversé une période assez difficile de ma vie.
Les circonstances de ma vie commençaient à prendre une tournure très différente de ce que j'avais prévu, et ça n'a pas été facile de m'adapter aux situations.
D'espoir perdu à déception et puis je crois que pour beaucoup de choses, je me mentais à moi-même. Je vivais certes dans une forme d'illusion... mais ça je me le suis avoué que bien plus tard...
Petit à petit, j'ai commencé à devenir malade, oui, "malade" selon les médecins, mais de quoi au juste, je ne le savais pas vraiment. Toujours est-il que pour mon jeune âge, il m'était impossible de courir, de faire du sport, moi qui avais pratiqué la compétition à outrance. Je me retrouvais entre quatre murs, seule, pas en forme du tout. Cela durait... durait... durait...
Bref, sans rentrer dans les détails, je me suis détachée de beaucoup de choses matérielles. Je reprenais le dessin et écrivais des poèmes. Ma santé se dégradait toujours, apparemment.
Et puis, un soir alors que j'étais avec une amie, les événements de ma vie semblaient tout à coup s'éclaircir. Une révélation m'a été donnée : je partirai ce soir.
Alors, soudainement − ; comme tout dans ma vie a été soudaineté − ; je commençais à revoir les mois et les jours qui venaient de passer et tout s'expliquait : ma conscience de l'amour avait subitement grandi, les manifestations de l'invisible aussi. Alors, j'ai attendu...
A 2h00 du matin, alors que j'étais allongée sur mon lit et que mon coeur dans cette épreuve était littéralement dilaté d'amour, s'est produit ce qui devait arriver à ce moment. C'était comme dans un élan, un peu comme quand on s'apprête à faire un grand bond.
Oui, mon corps tout entier s'est mis à frémir, j'ai pris la main de mon amie. J'étais toujours consciente. Et puis, pas de douleur, mais beaucoup d'énergie, oui, il a fallu beaucoup, beaucoup d'énergie à mon âme pour qu'elle se détache de mon corps.
Il y avait de la résistance, j'avais l'impression de vivre un accouchement. Je passais d'un état solide à celui de gazeux, un peu comme la sublimation, sauf que là ce n'était pas mon corps qui changeait, non, mais c'était moi qui partais. Plus la sensation de mes jambes, pas même de mes bras, je ne sentais plus la main de mon amie − ; qui était perdue −.
Et j'ai eu la sensation d'être projetée un peu comme une flamme, un souffle.
Je n'ai pas vu de tunnel, ni de lumière, ni d'angelots, ni quoi que ce soit de tout cela.
Non, la nuit. Seule une nuit infinie, et la sensation du vent. Je ne voyais rien ni personne, mais je n'avais pas l'impression d'être seule. Au bord du précipice, alors qu'on attendait de moi un choix, oui, véritablement, il était question de faire un choix. J'ai vu mes parents qui pleureraient, ne comprenant rien à tout cela. Je voyais l'ennui de mon amie qui en porterait le fardeau. Je voyais beaucoup de larmes...
Alors que moi je ne ressentais qu'amour, qui m'aurait compris ? J'ai dit au Très-Haut, j'ai dit de toutes mes forces, j'ai crié : j'aime bien trop les miens pour partir si tôt, mais qu'il en soit fait selon votre vouloir.
Petit à petit, je me suis retrouvée dans mon corps, comme par enchantement.
J'avais l'impression d'être une enfant de 4 ans. Mes voisins ne me reconnaissaient plus les jours qui ont suivi.
Il m'a fallu des mois pour me rétablir. Le poids que j'ai perdu durant cet instant qui m'a semblé si long, je ne l'ai jamais retrouvé.
Je savais que j'aurais du mal à me réintégrer dans la vie après cela. J'ai eu des échecs, oui, la vie ne m'a pas vraiment sourit sur le coup. Des fois, je ne comprenais plus pourquoi j'étais restée. Moi qui ne voulais vivre que dans l'amour, il m'a été très dur de revenir dans le concret...
Il a fallu du temps, beaucoup de temps et de courage. J'ai du accepter mes défaites, assumer mon orgueil de ne pas avoir fait ce que je voulais depuis le début...
Pour mon entourage aussi ça n'a pas été évident à comprendre.
Mon amie aussi a du s'éloigner parce que cette épreuve avait été insupportable pour elle, je l'ai comprise. Encore aujourd'hui, on se tient à distance...
Mais, au jour d'aujourd'hui, je peux vous en parler.
Dans cette épreuve, il n'y a eu que l'amour, et rien d'autre que l'amour. Ma vie a été profondément bouleversée depuis cette nuit.
Maintenant, je vois la suite de ma vie : j'ai eu un enfant et c'est le plus beau cadeau, la plus belle réussite d'amour.
Les années qui ont suivi ont été très dures, mais les choses changent et nos souhaits se réalisent quand on a la foi. Il n'y a que la foi qui m'a permis de me reconstruire et d'avancer vers mes souhaits les plus vrais.
A vous tous, je sais bien que chacun vit les choses à sa façon, mais voilà mon témoignage.
J'ai lu "Mémoire Spirite", et j'ai reconnu certains extraits, alors j'ai voulu partager avec vous ce que j'avais vécu. Jamais auparavant je ne l'avais fait, et je crois que cela pourra apporter à ceux qui restent là et qui ne comprennent pas le départ de leurs proches. Et oui, comme partout, ce n'est jamais facile pour celui qui part, car il a envie d'aller vers de nouveaux horizons une fois qu'il est propulsé, ni pour celui qui reste, souffrant. Alors qu'en réalité il n'y a qu'amour, oui je le répète encore, il n'y a qu'amour...
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