La lecture d'
Absolion nous transporte dans d'autres mondes où les individus sont confrontés à de telles situations, que les portes de l'
initiation s'ouvrent à eux. C'est dans ce contexte que se déroulent 5 chemins initiatiques différents, se réunissant en Absolion.
Qu'est-ce donc qu'Absolion ?
Une compilation de textes
spirites ?
Plusieurs histoires autour de l'initiation ?
Divers récits initiatiques ?
Un pays lointain ?
Un
rêve ?
Une utopie ?
Le monde de l'
esprit ?
A vous de trouver un sens...
Personnellement, au-delà du sujet prédominant de cette
oeuvre : l'initiation, je ne peux m'empêcher de re-lier Absolion au genre du récit
initiatique, bien que consciente de l'origine des écrits, issus de communications spirites. Bien en deçà de se confronter, ces deux « perceptions » se rejoignent dans une même
essence et dans un même esprit.
Absolion est divisé en 5 lettres qui sont autant de récits d'initiation. A chaque lettre correspond un personnage-clef, excepté dans la Lettre 1 : les personnages sont 5 enfants.
L'histoire d'Absolion est un long
chemin que prend le cherchant au tournant d'une route dont il ne sait la destination, mais dont il connaît l'origine : la quête de sens, la quête de
vérité et celle de soi-même. Ce parcours se révèle initiatique : les voiles se lèvent au fur et à mesure que se dépassent les étapes, que la
conscience s'ouvre et que la
connaissance s'acquiert.
Qu'est-ce qu'un récit initiatique si ce n'est la narration de l'initiation d'un ou plusieurs personnages, plus précisément de son processus initiatique ?
En d'autres termes, le déroulement de l'initiation, le parcours du « héros », le passage d'un état à un autre, le plus fréquemment à travers des épreuves qui ont pour but la transformation intime de la personnalité, l'
évolution de l'être et, par conséquent, sa
mort - renaissance.
La trame du récit initiatique pourrait se diviser en trois étapes essentielles :
- La préparation
- La mort
- La renaissance
Le récit initiatique débute dans les fondements mêmes qui ont motivés le parcours du « cherchant » : sa quête. C'est au plus profond du personnage que va se dessiner les motivations qui vont l'amener à l'initiation.
Quête identitaire, quête de vérité, quête de paix intérieure ou quête de sens sont le plus souvent les clefs qui ouvrent la
porte du chemin et le justifient. Ici, ce sont les clefs qui ouvrent la conscience de nos personnages à un parcours jonché d'épreuves qui visent à tester leurs qualités personnelles, mais aussi leurs facultés à surmonter les différentes étapes de leur «
éveil ».
Dans un premier temps, celui de la préparation, le scénario de l'initiation se met en place doucement. Qu'il s'agisse d'une chambre, d'un
temple ou tout autre lieu éloigné du monde
profane, la scène de l'initiation a un rôle purificateur. En effet, cette première étape vise la purification et la coupure du lieu de l'initiation d'avec le dehors, le monde profane. Dans le Premier
Livre d'Absolion, la préparation des enfants est réalisée à travers l'enfermement dans la chambre, la fermeture des volets, les bougies allumées, la réunion autour d'une
flamme et l'état de concentration. Ses rites préliminaires servant à sacraliser l'espace et le temps dans lequel les enfants-profanes se retrouvent.
Si au départ, les rites préliminaires ont pour rôle la préparation du profane, les rites de passage ont une dimension
symbolique ayant pour fonction la
communication et
communion avec l'être.
Le passage à travers le
miroir, la porte, le tunnel, et finalement l'escalier, sont autant de signes pour, et de l'initiation.
Le miroir symbolisant la frontière qui sépare encore de l'autre monde, mais aussi la métamorphose à venir : la mort/renaissance.
La porte
symbole de passage et d'ouverture vers cet autre monde qui attend l'
initié et qui se refermera à jamais sur leur passé et le monde profane.
Le tunnel, représentation de l'évolution de l'être, de l'ouverture à la connaissance.
Et finalement, l'escalier, où les enfants se séparent pour initier leur chemin personnel qui est aussi ascension.
L'initiation est un processus évolutif qui gagne en difficulté suivant la progression du chemin accomplit.
Le profane doit se montrer digne d'être initié, de recevoir la connaissance/lumière. Le
chevalier, dans la « Lettre 4 », subit l'épreuve de l'eau, symbole par excellence du retour aux origines, du « regressus ad uterum » duquel il doit s'extirper et ainsi transcender sa condition. Il accomplit ainsi l'épreuve suprême : la mort.
Il se transforme à travers le dépassement des épreuves et de lui-même, mais aussi par la découverte de nouvelles
valeurs et l'acquisition de nouvelles connaissances, comme plus tard, où il est récompensé par la
transmission du
Savoir par un membre du conseil, symbolisé par le « Livre de Selbat ».
Si dans la « Lettre 1 », « La société des hommes de
lumière », le passeur est la propre mère des enfants, Nep, il se peut que le
guide ou le passeur soit représenté par la voix de l'esprit, qui, alors, est aussi l'initiateur venant transmettre des connaissances comme dans la « Lettre 4 », « Le temps venu ».
Dans cette même Lettre, le personnage de « Un », exemplifie le parcours douloureux de l'initiation car impliquant la modification de son être, de sa
pensée, et de sa manière de vivre. Et par conséquent, la mort à son état antérieur pour donner naissance à son nouvel être.
La transformation de l'apprenti passe par la mort, cependant celle-ci n'est qu'un passage. Passage de l'ignorance au savoir, de l'obscurité à la lumière et passage vers la renaissance.
Celle-ci s'accompagne parfois d'un nouveau nom à caractère sacré, représentation symbolique de sa renaissance, de son appartenance et rôle parmi les membres de son groupe. Ainsi, « Numéro Un » est rebaptisé « No » dans la « Lettre 4 », signe de l'achèvement de son initiation et nouvelle naissance. Le chevalier, dans la « Lettre 3 », revêt un nouvel habit, symbole de sa nouvelle identité.
La fin du récit annonce le début d'une nouvelle
vie et d'un nouvel être...
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