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Mon regard sur les religions et la spiritualité

Texte publié le 07 décembre 2008 proposé par Andrebaechler
Lorsque je parle de religion
Pour être clair, je tiens tout d'abord à préciser le sens que j'octroie au mot religion lorsque je l'évoque. Étymologiquement, le mot religion semble provenir de la racine latine "religare" qui signifie relier. La religion est donc à l'origine ce qui relie l'humain au divin, et dans ce sens, je suis profondément religieux et j'ai un grand respect pour les êtres exceptionnels qui sont à l'origine des mouvements religieux actuels, qu'il s'agisse de Jésus, Bouddha ou Mahomet. Au sens pur, religion et spiritualité sont deux synonymes parfaits.
Mais l'être humain a eu besoin au fil des siècles de s'approprier l'universalité de la religion pour l'emprisonner, l'étiqueter et la dogmatiser. Conditionnée par tant de croyances imposées, la religion est morte et les religions organisées sont nées. Aussi, lorsque je parle en termes de religion et de parti religieux, c'est pour évoquer toutes les déviances humaines que sont aujourd'hui le christianisme, l'islam, l'hindouisme, le bouddhisme et les autres religions organisées.
Convictions et croyances
Personnellement, je ne peux adhérer à un parti religieux quel qu'il soit et ceci malgré mes convictions spirituelles. J'aime ce terme "conviction" parce qu'il m'habite. Nos convictions sont inscrites, gravées au plus profond de nous, ce sont des certitudes inébranlables que nous vivons de l'intérieur, que nous ressentons parfois physiquement, contrairement aux croyances qui ont pour moi quelque chose de léger, de cérébral dont notre mental cherche à nous convaincre. Les croyances nous entravent et nous limitent, alors que les convictions nous renforcent et nous construisent. Notre église, notre temple est à l'intérieur et nous pouvons nous y rendre à chaque instant, sans dépendre du salut d'un dieu vindicatif modelé par l'homme à son image.
Chacun son chemin
Il n'existe pas à mes yeux de voie spirituelle universelle. Chacun sa voie, chacun son chemin. La spiritualité est cette étincelle en nous qui se manifeste chaque fois que nous choisissons de nous élever, par nos actes, nos attitudes. La spiritualité est la religion du coeur, elle ne se pratique pas, elle se vit simplement et se manifeste dans notre quotidien. Nous avons tous mille manières personnelles et uniques de la faire briller dans nos vies et ce sont là toutes nos richesses. Pas besoin donc de modes d'emploi ou de partis religieux pour l'enfermer.
Partis religieux
Je me plais à évoquer la notion de partis religieux plutôt que de parler de religions. En effet, tout ce qu'il en ressort pour moi n'est qu'un protocole adapté par l'homme au fil des siècles et ne retransmettant guère l'essence de la source. Un parti religieux prétendant détenir LA vérité est par essence dangereux. Je n'adhérerai jamais à rien sur cette terre qui prétende détenir LA vérité, qu'il s'agisse d'un parti religieux ou politique. Y-a-t-il d'ailleurs une grande différence ? En fait je ne pense pas, les mécanismes, les motivations et les rouages qui les animent sont bien souvent semblables.
Valeurs universelles
Un parti par essence ne peut soutenir des valeurs universelles. Je pense que seules des valeurs défendant l'humanité dans sa globalité sont respectables. Cela est si utopique ? Pas tant que ça ! En créant mon ex-entreprise d'informatique, j'ai rapidement pris conscience que les clés du succès et de sa croissance étaient l'application de valeurs globales : la réussite n'aurait pas été possible sans de bons collaborateurs et sans une bonne direction. La réussite n'est donc ni de gauche, ni de droite, mais bien dans l'unification et la complémentarité des forces, dans la cohérence ainsi que le respect de chaque être y participant. Alors seulement, il est possible de gagner, sans qu'il n'y ait de perdant. Et oui, c'est possible !
Religion = déresponsabilisation
Chaque mouvement religieux prétend détenir SA vérité et SON protocole, déresponsabilisant ainsi ses adeptes, leur enseignant qu'ils ne sont que de pauvres pêcheurs et que leur Dieu tout puissant se trouve à l'extérieur d'eux. Personnellement, je ne peux adhérer à ce concept et il me plaît de pouvoir rencontrer la divinité en moi, il me plaît de pouvoir grandir en liberté, sans dépendre d'une structure, de rituels imposés, sans avoir à demander qu'un représentant de Dieu m'accorde le pardon. Être vivant c'est être responsable et ne pas se rendre esclave et dépendant d'une institution humaine se substituant à nous.
L'attrait de toute religion est sa capacité à dépouiller l'être humain de ses propres responsabilités et à l'alléger de sa conscience. Elle fait de l'homme un mouton obéissant qui suit docilement le troupeau. L'avantage pour le mouton est de ne pas avoir à se questionner sur ses actes dès l'instant où ceux-ci sont approuvés par le berger qui guide le troupeau. L'histoire est là pour nous rappeler toutes dérives.
Athéisme
L'athéisme n'est pas l'opposé de la religion, il est un mouvement similaire. L'athéisme, s'opposant à l'existence de toute divinité, ne fait qu'enfermer au même titre qu'un parti religieux. Nier l'existence d'un dieu et défendre cette idée revient à créer un clan, à imposer une idéologie et à contrer dans l'argumentation les autres points de vue. Les athées militent tout autant que les religieux, alimentant ainsi la polémique. Ils ne prouvent rien de plus, mais tentent juste de dénigrer tout ce qui n'est pas démontré scientifiquement.
Les athées sont profondément croyants, puisqu'ils nourrissent sans preuve démontrable la croyance que Dieu n'existe pas. Croire que Dieu existe ou croire que Dieu n'existe pas ne fait aucune différence, puisque dans les deux cas, une croyance est bien implantée. Le débat est donc stérile.
Religions et amour
Les religions prétendent enseigner l'amour, mais en vérité elles le tuent. L'amour est dangereux, car s'il se répand, l'être humain n'a plus besoin de religion. A quoi bon pratiquer une religion si l'amour nous habite pleinement à chaque instant ? N'est-ce pas là le but ultime ? Lorsque l'on aime, on vit tout simplement le plus bel idéal spirituel, donc plus besoin de cage pour l'enfermer. Mais les églises s'abstiennent bien de prêcher l'indépendance et affirment qu'il est impossible d'aimer pleinement et que cette exclusivité est réservée à Dieu, qui lui seul peut nous sauver : autant ne pas essayer tout seul, c'est peine perdue, et dangereux de surcroît ! Et lorsqu'il devient impossible de nier qu'une personne aime vraiment, l'église la qualifie de sainte, de manière à prendre bien soin de la rendre inaccessible à ses fidèles qui doivent absolument rester de pauvres pêcheurs pour qui l'amour est inaccessible... En fait, l'amour est très dangereux pour notre société, puisqu'il rend libre de toute institution et libère de la peur. Connaissez-vous un parti religieux ou politique qui n'use pas de la peur pour tenter d'imposer sa suprématie ?
Prétendre enseigner l'amour, ce n'est pas réduire l'homme au stade de pauvre pêcheur. La religion est un mode d'emploi réducteur, restrictif et avilissant, défendant une moraleprémâchée, revue et interprétée par des dirigeants d'églises qui prétendent arrogamment représenter Dieu. La religion fait de nous des moutons alors que l'amour fait de nous des êtres humains responsables. Dans son essence, l'amour est libre, il est authentique. Il ne s'étudie pas dans les universités ou les églises, il se vit dans le coeur, à chaque instant. Personne ne peut enseigner l'amour, puisqu'il est déjà en chacun de nous. C'est en oubliant toutes les théories à son sujet qu'il resurgit de l'intérieur, après avoir été écrasé par tant de conditionnements moraux et sociaux. Ne le cherchez plus, il est déjà là, au plus profond de vous, enseveli sous la chape de vos croyances.
Plonger dans le vide
L'être humain ne sait contourner un problème que par un autre problème, plutôt que de simplement renoncer au problème. Il quitte souvent une religion qui ne le satisfait pas pour adhérer à un autre mouvement encore plus dogmatique et enfermant. Le besoin de s'accrocher est terrible et la peur du vide est omniprésente. C'est pourtant dans ce grand vide qu'il faut plonger pour grandir spirituellement. Tant que vous serez accroché à une parole ou une vérité qui ne vous appartient pas, vous stagnerez. Oubliez tout, même ce que vous venez de lire, explorez l'inconfort du vide et lorsqu'il n'y aura plus rien, vous toucherez l'essentiel. Aucune religion ne peut prétendre vous enseigner l'expérience du divin, parce que chaque chemin pour y parvenir est unique.
Respect d'autrui
Les religions ont toujours été le moteur de la guerre, un prétexte pour pour commettre les pires atrocités. Que n'a-t-on pas fait au nom de Dieu ? En 1939 en France, les évêques de l'église catholique bénissaient les canons au début de la deuxième guerre mondiale. Et ce n'est pas de l'histoire ancienne, en 2003 l'une des plus grandes puissances de ce monde invoquait le soutien de Dieu pour déclarer la guerre au Moyen-Orient. Les partis religieux ont bafoué les droits de l'homme et imposé leur dictature spirituelle, se moquant bien du respect d'autrui.
Mais jamais aucun être habité d'une "foireligieuse" authentique n'éprouvera le besoin de convaincre, d'imposer ses convictions intimes, ou même de se coller une étiquette religieuse sur le front. Comment pourriez-vous imposer votre goût personnel pour une musique ? Chacun résonne de sa propre mélodie intérieure, de son propre timbre. Chaque sonorité est unique, elle est l'empreinte de notre âme et personne ne pourra jamais vous dicter votre son.
En conclusion
Les fondements spirituels authentiques des religions ont été intellectualisés et dogmatisés par l'homme. Les partis religieux sont nés du besoin d'une partie de l'humanité à se faire guider et d'une autre partie à contrôler et asservir la première. Même si je suis totalement allergique à cette notion de pouvoir religieux, je ne renie pas les bases qui l'animent, ni les êtres qui y adhèrent. Ceci consisterait simplement à juger, à créer un nouvel enfermement, de nouveaux dogmes.
Je délaisse ainsi tout mouvement contrôlé parce qu'il m'enlève ma liberté et mon discernement. J'aime prendre où que ce soit ce qui résonne à mon coeur, ce qui me parle. Lorsque je suis dans mon coeur, je ne peux me tromper. Notre vérité est à l'intérieur et nous avons juste à la retrouver. Mais souvent il semble plus facile et confortable de confier son pouvoir à autrui, plutôt que de rencontrer nos doutes, nos peurs et les nombreuses blessures qui nous habitent. Pourtant, n'est-ce pas là l'un des buts de la vie ?
En guise de réflexion inspirante et de conclusion, je vous invite à partager cette petite histoire d'un sauveur, extraite de l'ouvrage de Richard Bach : "Le Messie récalcitrant".

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