Paradis perdus des terres de l'Ouest - [...] Pour les grandes religions du Livre, le monde plat avec en son centre Jérusalem se composait de l'Europe, de l'Asie et de la Libye ; au-delà le gouffre,

 

Infos pratiques


tl4
icone

Paradis perdus des terres de l'Ouest

Texte publié le 30 janvier 2006 proposé par Regis
[...] Pour les grandes religions du Livre, le monde plat avec en son centre Jérusalem se composait de l'Europe, de l'Asie et de la Libye ; au-delà le gouffre, le néant, le royaume des démons et des âmes perdues. Dictés par Dieu, les textes étaient formels: le monde avait été partagé entre les trois fils de Noé, Cham, Japhet et Ham.
[...] à Babylone, les premières cartes du monde dont nous disposons sont identiquement circulaires et le Dieu Soleil, Shamasch porte également une coiffe tripartite (Cf. Les taureaux sacrés aux portes du palais de Babylone portent la couronne de Shamash, le Dieu Soleil).
Par conséquent, il ne pouvait y avoir, en principe, une terre à l'Ouest de l'Europe. Cependant, cette impossibilité religieuse n'a pas empêché les hommes d'en faire le lieu privilégié de leurs fantasmes. L'Ouest fut investi de tous les désirs et de toutes les craintes.
Dans un monde borné à l'Ouest par la masse de l'océan, les îles d'Islande et d'Irlande occupaient la frontière extrême de l'Univers. De ces marches, les hommes sont partis explorer le vaste océan. Il ne fait plus de doute que ces insulaires ou les Vikings touchèrent les premiers les rivages d'Amérique. Mais bien avant d'avoir atteint cette nouvelle terre, les Celtes l'avaient conquise dans leur mythologie. Pour eux, au-delà des eaux existait un pays merveilleux qui abritait après leur mort les êtres bons et forts. Avalon est cette île aux pommiers où dort le roi Arthur en attendant de revenir parmi ses frères.
Tournés vers l'océan, marins de culture, les celtes ne pouvaient qu'être attirés par l'horizon où se couche le soleil. La force de l'astre de la vie et l'éternité de l'océan sans limite se mariant dans une noce mythique pour engendrer un lieu béni des dieux... Ce mythe celte, par excellence, survivra à la christianisation des îles. Et cela malgré la contradiction entre les croyances ; la tradition judéo-chrétienne situait le paradis perdu quelque part en Orient ; de plus, elle considérait l'Ouest comme un lieu à jamais interdit à l'homme.
Le monde interdit, le désert brûlant des âmes perdues
Dans l'antiquité, le mythe de l'Atlantide construit l'image d'un monde dont les dieux ont exclu les hommes. Héraclés ne dépassa jamais les colonnes qui portent son nom. La Méditerranée formait un espace clos dans lequel les hommes se sentaient à l'abri. Un monde reconnu, dûment borné duquel il ne fallait pas sortir de peur de mettre en danger le sécurisant équilibre construit par les hommes. Le courroux des dieux menaçait le blasphémateur ! Le mythe fonctionne alors comme une censure.
Néanmoins, il ne réussit pas à empêcher d'audacieux navigateurs de passer le détroit de Gibraltar... Avec la chrétienté, le mythe fut repris et à peine transformé pour répondre à la cosmogonie de cette religion. En tout état de cause, le paradis terrestre avait été détruit et l'homme en avait été chassé. C'est dire qu'il lui était interdit de tenter d'y retourner. Saint Augustin prédisait que le quatrième monde devait, s'il existait, être inhabité et inhabitable, peuplé qu'il était de démons et d'esprits mauvais. L'Ouest était donc le royaume de Satan et il valait mieux ne pas s'y risquer si l'on ne désirait pas perdre son âme... Encore une fois, le mythe fut impuissant à retenir l'audace des marins. Les musulmans nomment "l'océan des ténèbres" ces étendues infinies et, pourtant, d'aventureux marins partiront d'Andalousie vers l'Ouest et certains auraient atteint une "terre très étrange et bizarre" selon de nombreux récits. Enfin, Christophe Colomb affréta une expédition maritime.
Après les voyages du Génois, lorsqu'il fut avéré de l'existence d'un nouveau monde, les occidentaux éprouvèrent des difficultés pour l'intégrer dans leur système de croyance. Ce ne pouvait être le paradis perdu puisque le nouveau monde était habité or l'homme avait été chassé de l'Éden. L'énigme de l'origine de ses indigènes s'imposa avec force. Logiquement, si les Indiens n'étaient pas les descendants de l'un des trois fils de Noé, ils n'étaient pas non plus les fils d'Adam. Pouvait-on les considérer comme des hommes ? La célèbre controverse de Valladolid entre Bartolomeo de Las Casas et Luis Sepúlveda règlera la question d'un point de vue théologique au sein de l'Eglise catholique. Mais le système de croyances occidental n'était absolument pas préparé à intégrer l'amérindien. Ce choc culturel enfantera la renaissance mais le sauvage continuera à inquiéter, au sens premier, la conscience occidental.
[...] La découverte de l'Amérique n'a détruit ni les mythes ni le système de croyances des occidentaux. Confrontée à l'évidence de la réalité, la mythologie s'est simplement adaptée aux conditions historiques du moment.

Source : Extrait de : L'histoire de l'Ouest : mythe et réalité - lien http://www.ac-nancy-metz.fr/cinemav/plaine/html/th_histm1_1.html
Plan du site · Recommander ce site
Tous droits de reproduction réservés (c) 2011
Tous les textes · Toutes les questions · Tous les avis · Toutes les lectures · 
spiritisme esprits spiritualite